Benazir Bhutto à son retour au Pakistan le 18 octobre 2007 © TF1![]() |
| Le point sur la situation |
L'ancien Premier ministre du Pakistan Benazir Bhutto, assignée de facto à résidence à Islamabad, a assuré vendredi au téléphone à l'AFP qu'elle essayait toujours de se rendre à un meeting de son parti interdit par l'état d'urgence, après avoir été stoppée par la police.
Les forces de l'ordre avaient annoncé jeudi qu'elle feraient tout pour empêcher la réunion, invoquant d'une part l'interdiction de tout rassemblement par le décret qui a instauré samedi l'état d'urgence et, d'autre part, par des "menaces très précises" d'attentats suicide des extrémistes islamistes. Un attentat suicide, le plus meurtrier de l'histoire du Pakistan, a déjà visé Benazir Bhutto le 18 octobre dernier, faisant 139 morts essentiellement parmi ses partisans.
Appel à manifester
Depuis la nuit, plus de 6 000 policiers ont été déployés pour bloquer tous les accès à cette vaste cité-dortoir de la capitale pakistanaise. Toutes les routes d'accès à Rawalpindi sont entravées par des conteneurs, des blocs de béton ou des fils barbelés, ont rapporté un journaliste et des photographes de l'AFP. Aucun transport public ne peut accéder à Rawalpindi, également principale ville garnison du pays, et tous les véhicules sont scrupuleusement fouillés.
Des hauts responsables du gouvernement ont indiqué à l'AFP que des négociations de dernière minute étaient en cours pour dissuader Benazir Bhutto de maintenir le meeting de son parti. Jeudi soir, le président Pervez Musharraf a annoncé, sous la pression de la rue et de Washington, que les législatives, prévues initialement pour la mi-janvier avant qu'il n'instaure l'état d'urgence, auraient lieu avant le 15 février. Mais Benazir Bhutto, qui a parlé d'"annonce vague" et réclamé une date précise, a décidé de maintenir le rassemblement prévu. La veille, Benazir Bhutto, qui négociait jusqu'alors un accord de partage du pouvoir avec le général Musharraf, avait opéré un revirement et appelé à "manifester massivement contre l'état d'urgence".
(D'après agence)
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