Benazir Bhutto près de sa résidence d'Islamabad vendredi © TF1Accès scellés, deux rangées de barbelés, barrières en bois et 11000 policiers armés empêchent l'ancien Premier ministre pakistanais Benazir Bhutto de quitter sa résidence de Lahore, mardi matin, alors qu'elle devait mener une "longue marche" contre l'état d'urgence, interdite par les autorités, qui invoque des risques d'attentats. "Nous nous sommes assurés qu'elle ne pourrait pas quitter la maison", a expliqué un officier de la police de Lahore. Mais Benazir Bhutto devait pourtant quitter comme prévu la maison à 10h locales (5h GMT) pour lancer la "longue marche" de trois ou quatre jours de Lahore à Islamabad (275 km).
Depuis sa résidence actuelle, la chef de file de l'opposition a exhorté mardi Pervez Musharraf à quitter la présidence et a déclaré qu'elle ne serait jamais son Premier ministre. "Il est temps qu'il parte. Il doit démissionner de la présidence", a déclaré Benazir Bhutto. Dans la nuit, le président américain George Bush a lui de nouveau appelé à la levée de l'état d'urgence, afin de permettre la tenue d'élections "libres et justes".
"Menaces précises d'attentat"
Benazir Bhutto avait déjà été la cible, le 18 octobre, de l'attentat le plus meurtrier de l'histoire du Pakistan, qui avait tué 139 personnes, pour l'essentiel des partisans de son parti rassemblés dans un énorme défilé autour de son camion blindé après son retour au pays. Les autorités avaient déjà empêché vendredi la tenue d'un meeting du Parti du peuple pakistanais (PPP) de Benazir Bhutto dans la banlieue d'Islamabad et assigné sa dirigeante à résidence pour la journée parce que, selon elles, elle faisait l'objet de "menaces précises d'attentat".
L'ex-chef du gouvernement est devenue l'un des leaders effectifs de l'opposition depuis qu'elle a rompu, comme elle l'a annoncé seulement lundi, des négociations entamées il y a plusieurs mois avec le général Musharraf pour un futur partage du pouvoir.
D'après agence
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