Benazir Bhutto près de sa résidence d'Islamabad vendredi © TF1Benazir Bhutto est libre de se déplacer, ou presque. Les autorités pakistanaises ont levé dans la nuit de jeudi à vendredi l'assignation à résidence de l'ex-Premier ministre, mais elle fait "toujours l'objet d'une surveillance policière," précise la police. La raison ? "Assurer sa sécurité", font valoir les autorités.
Benazir Bhutto avait été assignée à résidence dans la nuit de lundi à mardi à Lahore, pour l'empêcher de participer à une manifestation, en raison de "menaces réelles" d'attentat suicide contre elle, avaient justifiées les autorités. "Maintenant on a retiré l'assignation à résidence parce que il n'y a plus de manifestation", a indiqué un responsable pakistanais. Dans le même temps, l'ancien président du Sénat a prêté serment et devient Premier ministre de transition, chargé d'organiser les législatives de début janvier. Benazir Bhutto a jugé le nouveau gouvernement n'était "pas acceptable".
"Pas d'élections sous état d'urgence"
L'ex-Premier ministre a réclamé mardi pour la première fois la démission du président Pervez Musharraf et réclamé la levée de l'état d'urgence que le général Musharraf a imposé il y a 12 jours. Elle a mis à profit son enfermement pour multiplier les contacts afin de tenter de fédérer une opposition très divisée pour réclamer le départ du général Musharraf, à la tête du pays depuis un coup d'Etat il y a huit ans. Pas question, selon elle, de pouvoir organiser des élections "libres et justes" sous état d'urgence.
Benazir Bhutto a été Premier ministre de 1988 à 1990 et de 1993 à 1996. Rentrée d'exil le jour même, elle avait été la cible le 18 octobre de l'attentat suicide le plus meurtrier de l'histoire du Pakistan, qui avait tué 139 personnes.
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