Pakistan : Musharraf repousse les élections

le 08 novembre 2007 à 12h06 , mis à jour le 08 novembre 2007 à 12h29

Sous pression, le pouvoir a décidé de repousser les législatives prévues en janvier avant l'instauration de l'état d'urgence. Elles auront lieu en février.

ParsPix/Abacapress.com : Pervez Musharraf, le 2 février 2007 à TéhéranImage d'archives © ParsPix/Abacapress.com

Les pressions de la rue et de la communauté internationale ont poussé les autorités pakistanaises à repousser les élections législatives d'un mois. Prévues en janvier, avant l'instauration de l'état d'urgence, elles auront finalement lieu avant le 15 février. Mercredi soir, Benazir Bhutto, qui négociait jusqu'alors un accord de partage du pouvoir avec le président Pervez Musharraf, a accentué cette pression en appelant à "manifester  massivement contre l'état d'urgence". La tension est montée d'un cran dans les rues, et des milliers de partisans du Parti du peuple pakistanais (PPP), la formation de l'ancien Premier ministre, ont été arrêtés dans la nuit de mercredi à jeudi. La police nie ces arrestations mais depuis samedi, les manifestations pacifiques sont violemment réprimées et l'on compte plus 3000 personnes arrêtées ou assignées à résidence.
 
Dans le même temps, la police a averti l'ancien Premier ministre Benazir Bhutto, déjà la cible en octobre de l'attentat suicide le plus meurtrier de  l'histoire du Pakistan, que des kamikazes islamistes se tenaient prêts à viser un rassemblement de son parti vendredi à Rawalpindi, dans la banlieue d'Islamabad.
 
Bush décroche son téléphone pour tancer Musharraf
 
Le général Musharraf, qui a pris le pouvoir il y a huit ans par un coup d'Etat sans effusion de sang, a imposé samedi le régime d'exception, en  invoquant la recrudescence sans précédent des attentats islamistes et l'ingérence de la justice dans la lutte contre les extrémistes. Mais l'opposition ainsi que les capitales occidentales unanimes considèrent qu'il a trouvé là un prétexte pour s'agripper à un pouvoir vacillant à l'approche des législatives.
 
Jeudi, George Bush a haussé le ton en téléphonant à  Pervez Musharraf. "Mon message était très clair, très facile à comprendre : les  Etats-Unis veulent que vous ayez des élections comme prévu", a assuré le chef de  la Maison blanche. Benazir Bhutto, ex-Premier ministre (1988-1990 et 1993-1996), est revenue au  pays le 18 octobre après huit années d'exil volontaire pour échapper à des accusations de corruption. Elle a effectué ce retour après que le général Musharraf l'eut amnistiée, condition qu'elle posait pour conclure avec lui un  accord de partage du pouvoir, lui restant président grâce aux voix du PPP et  elle redevenant chef du gouvernement.
 
D'après agence

le 08 novembre 2007 à 12:06
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1 Commentaires

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  • Guillaume, le 08/11/2007 à 20h30

    Quand on sait que BUSH soutient ce régime, peut on s'étonner d'un certain anti américanisme primaire? Quand on sait que SARKO bave devant le modele US, il est légitime de s'inquiéter sur sa conception de la liberté individuelle et plus largement sur la liberté de la presse.

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