Image d'archives © ParsPix/Abacapress.comLes pressions de la rue et de la communauté internationale ont poussé les autorités pakistanaises à repousser les élections législatives d'un mois. Prévues en janvier, avant l'instauration de l'état d'urgence, elles auront finalement lieu avant le 15 février. Mercredi soir, Benazir Bhutto, qui négociait jusqu'alors un accord de partage du pouvoir avec le président Pervez Musharraf, a accentué cette pression en appelant à "manifester massivement contre l'état d'urgence". La tension est montée d'un cran dans les rues, et des milliers de partisans du Parti du peuple pakistanais (PPP), la formation de l'ancien Premier ministre, ont été arrêtés dans la nuit de mercredi à jeudi. La police nie ces arrestations mais depuis samedi, les manifestations pacifiques sont violemment réprimées et l'on compte plus 3000 personnes arrêtées ou assignées à résidence.
Dans le même temps, la police a averti l'ancien Premier ministre Benazir Bhutto, déjà la cible en octobre de l'attentat suicide le plus meurtrier de l'histoire du Pakistan, que des kamikazes islamistes se tenaient prêts à viser un rassemblement de son parti vendredi à Rawalpindi, dans la banlieue d'Islamabad.
Bush décroche son téléphone pour tancer Musharraf
Le général Musharraf, qui a pris le pouvoir il y a huit ans par un coup d'Etat sans effusion de sang, a imposé samedi le régime d'exception, en invoquant la recrudescence sans précédent des attentats islamistes et l'ingérence de la justice dans la lutte contre les extrémistes. Mais l'opposition ainsi que les capitales occidentales unanimes considèrent qu'il a trouvé là un prétexte pour s'agripper à un pouvoir vacillant à l'approche des législatives.
Jeudi, George Bush a haussé le ton en téléphonant à Pervez Musharraf. "Mon message était très clair, très facile à comprendre : les Etats-Unis veulent que vous ayez des élections comme prévu", a assuré le chef de la Maison blanche. Benazir Bhutto, ex-Premier ministre (1988-1990 et 1993-1996), est revenue au pays le 18 octobre après huit années d'exil volontaire pour échapper à des accusations de corruption. Elle a effectué ce retour après que le général Musharraf l'eut amnistiée, condition qu'elle posait pour conclure avec lui un accord de partage du pouvoir, lui restant président grâce aux voix du PPP et elle redevenant chef du gouvernement.
D'après agence
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