Un char de l'armée philippine devant l'hôtel où étaient réfugiés les putschistes © TF1/LCIAprès avoir été confuse toute la journée, la situation était redevenue normale jeudi en fin d'après-midi, heure locale, à Manille. Une trentaine de militaires, qui s'étaient retranchés dans le Peninsula, un hôtel de luxe du centre de la capitale philippine pour proclamer la destitution de la présidente, Gloria Arroyo, se sont en effet rendus.
Les mutins étaient en fait jugés pour un coup d'Etat militaire raté en 2003. En fin de matinée, ils ont tout d'abord réussi à s'enfuir du tribunal où ils comparaissaient. Ils ont ensuite investi le complexe hôtelier, fréquenté essentiellement par des journalistes et des Occidentaux. Environ 200 personnes ont ainsi été bloquées dans les lieux, sans que l'on sache s'ils étaient pris en otages ou non. Pendant ce temps, l'armée philippine se déployait en force à l'extérieur, avec plus de 1 000 soldats, plusieurs véhicules blindés et un char d'assaut.
Après avoir lancé un ultimatum, les militaires loyalistes ont donné l'assaut un peu avant 17h, heure locale (10h, heure française), devant les caméras de télévision installées à l'extérieur. Les rebelles se sont alors défendus et des échanges de tirs ont eu lieu dans l'hôtel. Quarante-cinq minutes plus tard, le sénateur Antonio Trillanes, officier de la Marine, leader des putschistes, décidait de se rendre en direct. "Nous ne pourrons pas supporter de vivre si certains d'entre vous sont blessés ou tués dans les échanges de tirs", indiquait-il aux journalistes. "Vous avez été les témoins du genre de traitement impitoyable que ce gouvernement peut réserver au peuple", ajoutait-il à leur adresse, les larmes aux yeux. Le gouvernement philippin a décidé d'instaurer un couvre-feu de minuit à l'aube.
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