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| L'analyse de notre correspondant sur place |
Les Etats-Unis observent avec méfiance et circonspection le raidissement de la situation intérieure pakistanaise. En visite en Chine, le secrétaire américain à la Défense Robert Gates a demandé lundi le retour de la démocratie constitutionnelle "le plus vite possible". Le Pentagone a aussi annoncé le report de discussions de coopération militaire avec le Pakistan. Les entretiens étaient programmés les 6 et 7 novembre à Islamabad. La secrétaire d'Etat Condoleezza Rice avait pour sa part prévenu dimanche que les Etats-Unis allaient "devoir réexaminer" leur aide au Pakistan... mais souligné que la plus grande partie de cette assistance, consacrée à la lutte antiterroriste, ne serait pas touchée. Washington a accordé quelque 11 milliards de dollars au Pakistan en aide financière et militaire depuis 2001.
De leur côté, les gouvernements de l'Union européenne ont engagé des consultations pour examiner d'éventuelles "initiatives supplémentaires" concernant le Pakistan, a indiqué lundi la Commission européenne. "Il y a des consultations parmi les Etats membres concernant d'éventuelles initiatives supplémentaires" ainsi que pour "analyser la situation politique" dans le pays, a déclaré à la presse une porte-parole, Christiane Hohmann, sans plus de détail. Interrogée sur la possibilité de sanctions de l'UE à l'encontre du Pakistan, elle a souligné qu'il s'agissait d'une "décision qui doit être prise par les Etats membres et non par la Commission".
1500 personnes arrêtées
Au cours des dernières heures, policiers et paramilitaires ont bouclé les abords de la Haute Cour de justice de Karachi, la capitale économique du sud du Pakistan, et ont chargé des avocats rassemblés devant le bâtiment. Selon des policiers, environ 1500 personnes, dont des avocats, des magistrats, des responsables et des militants de partis politiques, ont été arrêtés ou placés en résidence surveillée depuis l'instauration de l'état d'urgence samedi. A Rawalpindi, ville de garnison à 15 km d'Islamabad, d'autres témoignages ont fait état de violences policières. Et un membre du gouvernement a fait savoir que la promesse de Pervez Musharraf de quitter la tête de l'armée et de devenir un président civil "ne tient plus". L'ancien Premier ministre Benazir Bhutto a condamné ces violences. "Tous les prisonniers politiques doivent être remis en liberté", a-t-elle déclaré lundi au cours d'une conférence de presse à Karachi.
Le président du Pakistan, Pervez Musharraf, a promis lundi que les élections législatives auront lieu à une date "aussi proche que possible" de la date prévue, mi-janvier, a déclaré son porte-parole, au troisième jour de l'état d'urgence imposé par le chef de l'Etat. Dimanche, au lendemain de l'instauration de l'état d'urgence, le Premier ministre Shaukat Aziz avait déclaré que ses dispositions pouvaient permettre de retarder le processus électoral d'un an.
Pour Pervez Musharraf, l'état d'urgence en vigueur depuis ce week-end se justifie par le terrorisme islamiste et l'opposition de la Cour suprême. La Constitution a été suspendue et une série de restrictions aux libertés publiques ont été imposées. L'ex-Premier ministre Benazir Bhutto, qui négociait jusqu'ici un partage du pouvoir avec le général Musharraf, a dénoncé ce "second coup d'Etat", après celui sans violences d'octobre 1999. Elle n'a toutefois pas exclu un accord avec Musharraf s'il "rétablit la Constitution et (...) organise des élections libres, justes et impartiales".
D'après agence
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