Sécurité renforcée après l'état d'urgence au Pakistan

le 04 novembre 2007 à 08h02 , mis à jour le 04 novembre 2007 à 16h40

Les autorités ont procédé à une vague d'arrestations dans les rangs de l'opposition, samedi soir.

[Expiré] [Expiré] Pakistan état d'urgence © AFP/Aamir Qureshi

Des policiers et des unités paramilitaires ont été déployés dimanche autour des centres du pouvoir au Pakistan depuis la proclamation la veille de l'état d'urgence par le président Pervez Musharraf, selon des témoins (lire notre article). La police a érigé des barricades et des barbelés sur les voies menant au Parlement, au palais présidentiel et à la Cour suprême de la capitale Islamabad.

Des points de contrôle ont été installés près de la radio publique, des chaînes de télévision et des hôtels de luxe de la ville, où le calme semblait prévaloir. Les magasins sont ouverts, mais les clients sont rares et la circulation automobile est extrêmement réduite.  

400 à 500 arrestations

Le président pakistanais Pervez Musharraf a justifié samedi la proclamation de l'état d'urgence par l'insurrection islamiste dans le pays et le fait que, selon lui, une partie du pouvoir judiciaire interférait avec l'exécutif. L'instauration de cette mesure survient alors que la Cour suprême était sur le point de rendre sa décision sur la validité de la réélection du général Musharraf à la présidentielle du 6 octobre. La police et l'armée ont encerclé le siège de la plus haute juridiction du pays à Islamabad, tandis que le gouvernement s'est empressé de nommer un nouveau président à la tête de la Cour. Dimanche, le Premier ministre pakistanais a annoncé que le Parlement était habilité à reporter d'un an les élections législatives prévues en janvier 2008, mais que son gouvernement n'avait pas encore pris de décision.

Les autorités ont également procédé à une vague d'arrestations. Selon le Premier ministre pakistanais, jusqu'à 500 personnes ont ainsi été arrêtées depuis l'instauration de l'état d'urgence samedi soir. Imran Khan, ex-star du cricket devenu un des plus farouches opposants à Musharraf a été assigné à résidence de même que plusieurs figures de l'opposition et des avocats proches du juge Chaudhry. "Musharraf cherche à s'accrocher au pouvoir par tous les moyens", a accusé Imran Khan.

La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, a prévenu dimanche que les Etats-unis allaient "devoir réexaminer" leur aide au Pakistan, mais elle a souligné que la plus grande partie de cette aide, consacrée à la lutte antiterroriste, ne serait pas touchée.

La presse pakistanaise dénonce "le second putsch" de Musharraf

Les médias pakistanais ont unanimement condamné dimanche l'état d'urgence proclamé la veille par Pervez Musharraf, accusé d'avoir replongé le pays dans la dictature. Le quotidien anglophone Dawn titrait sur "le second putsch de Musharraf" après le coup d'Etat sans violences d'octobre 1999 à la faveur duquel M. Musharraf s'était emparé du pouvoir. "Nous sommes donc revenus à la case départ. Celle du 12 octobre 1999. Tous les progrès engrangés ces dernières années sont partis à vau-l'eau", a déploré le journal crée par Mohammad Ali Jinnah le père-fondateur du Pakistan. "Le peuple a été trompé", poursuit le journal à grand tirage. Un autre quotidien de langue anglaise, The News on Sunday, a qualifié la mesure d'urgence de "Samedi noir".

(D'après agence)

le 04 novembre 2007 à 08:02
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1 Commentaires

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  • Saz, le 04/11/2007 à 11h32

    Privation de medias, opposants en prison ou en residence surveille,... democratie mise en mal. Mais, ou est donc l'ONU ici? Ou est Ibrahim Gambari? Ou sont Cecilia et Sarko? Ou sont les donneurs de lecons de democratie,......?

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