des militaires à Bangkok © LCILes généraux royalistes qui avaient renversé le Premier ministre thaïlandais Thaksin Shinawatra en septembre 2006, le contraignant à l'exil, n'avaient jamais caché leur objectif d'empêcher ses partisans de revenir au pouvoir après avoir passé plus de 15 mois à essayer d'effacer toute trace de son legs. Mais le Parti du pouvoir du peuple (PPP), au sein duquel ont réussi à se regrouper les amis de l'ancien homme fort du pays, est arrivé largement en tête aux élections législatives de dimanche. Crédité lundi de 232 des 480 sièges de la future chambre basse du Parlement, selon les derniers résultats communiqués par la Commission électorale, il rate de peu la majorité absolue (241 sièges).
Une victoire qui, dans l'immédiat, ne résout rien. Les Thaïlandais veulent maintenant "tourner la page après 15 mois d'administration militaire et reprendre la voie démocratique", écrivait lundi le quotidien The Bangkok Post dans un éditorial. Mais tourner la page de la junte ne sera pas si facile et la première conséquence tangible des législatives a été l'ouverture de difficiles tractations pour composer la prochaine équipe dirigeante.
Des petits partis très sollicités
Dimanche soir, le chef du PPP, Samak Sundaravej, a déclaré qu'il serait "à coup sûr" Premier ministre - mais il lui faut trouver des partenaires pour former la coalition la plus solide possible. Il a également affirmé qu'il allait oeuvrer au retour en Thaïlande de Thaksin Shinawatra et à une éventuelle amnistie. En mai dernier, l'ex-Premier ministre, accusé de fraude et de corruption, avait été interdit d'activités politiques pendant cinq ans par un tribunal nommé par la junte. Son éventuel retour au pays, après la mise en place du nouveau gouvernement en février, risque cependant de raviver les tensions.
Alors que la Commission électorale a été saisie de plus de 30 plaintes qualifiées de sérieuses et qui pourraient aboutir à la disqualification de certains élus et à l'organisation de partielles en janvier, les petits partis font l'objet de toutes les sollicitations pour tenter de former la prochaine coalition gouvernementale. Le PPP affirme avoir réussi à réunir les appuis suffisants, mais sans annoncer encore ses soutiens. Jusqu'à cette annonce, le résultat des tractations restera incertain, alors que des généraux pourraient faire pression en vue de fragiliser les alliés de l'ex-Premier ministre. Le Parti démocrate, principal adversaire du PPP, a été crédité de 165 sièges, tandis que cinq autres plus petites formations se partagent le reste des députés (83). Bien que Samak Sundaravej ait crié victoire, son adversaire a refusé de s'incliner, affirmant être prêt à former lui-même une coalition gouvernementale si le PPP échouait.
D'après agence
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