
Deux journalistes de la chaîne de télévision France 24 ont été arrêtés lundi au Sri Lanka et placés en détention par les militaires, accusés d'avoir tourné des images devant un centre de détention militaire ainsi que onze Tamouls. Selon le mouvement pour les médias libres (FMM), une organisation srilankaise indépendante, les deux journalistes, une femme et un caméraman, filmaient une famille tamoule qui rendait visite à des proches incarcérés dans le centre de détention à la veille de Noël.
Selon la version de la police, les deux journalistes filmaient un point de contrôle militaire devant le centre de détention de Boosa. Les militaires ont rouvert récemment le centre de détention de Boosa à la suite de nombreuses arrestations de Tamouls dans le cadre du conflit armé entre l'armée gouvernementale et les insurgés des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE).
Onze journalistes tués depuis 2005
Le FMM a exigé la libération immédiate des journalistes, accusant les autorités de commettre des abus à d'entraver le droit à l'information. "Le FMM ne considère pas la prise d'images d'un point de contrôle routier comme une affaire relevant de la sécurité nationale et exprime sa grave préoccupation concernant l'arrestation d'une équipe de télévision et de toute une famille pour un incident mineur", a ajouté l'organisation.
Conformément aux lois d'exception en vigueur dans le pays, les suspects peuvent être maintenus en détention pendant 48 heures sans inculpation, a indiqué l'organisation. Le Sri Lanka est considéré par les organisations de défense des droits de la la presse comme d'un des pays les plus dangereux du monde pour les journalistes. Depuis août 2005, onze journalistes ont été tués au Sri Lanka, dont dix dans des zones contrôlées par le gouvernement, selon la Fédération internationale des journalistes (FIJ). Des affrontements opposent l'armée du Sri Lanka aux rebelles tamouls dans le nord du pays, un conflit au cours duquel ont alterné phases de combats et périodes d'accalmie, et qui a fait des dizaines de milliers de morts depuis 1972.
Deux journalistes toujours détenus au Niger |
Le journaliste Thomas Dandois et le cameraman Pierre Creisson sont toujours détenus au Niger. Ils ont été arrêtés le 17 décembre, alors qu'ils effectuaient un reportage Arte. Ils ont été inculpés vendredi d'"atteinte à la sûreté de l'Etat", passible de la peine de mort. Les autorités leur reprochent d'avoir enfreint l'interdiction de se rendre dans le nord du pays pour réaliser un reportage sur la rébellion touareg du Mouvement des Nigériens pour la justice. Ils étaient détenteurs d'un visa et d'une autorisation de tournage pour un reportage sur la grippe aviaire. Leurs familles ont appelé lundi le président nigérien, Mamdou Tandja, à la "clémence". |
D'après agence
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