Le président pakistanais Pervez Musharraf, le 2 janvier 2008 © TF1/LCIAlors que la tension reste vive après des émeutes meurtrières consécutives à la mort de la principale figure de l'opposition pakistanaise, Benazir Bhutto, le président Pervez Musharraf s'est adressé au pays mercredi soir dans une intervention télévisée. Le but : apaiser... et appeler à l'unité de la nation. Désigner aussi des responsables, les "terroristes" coupables d'avoir assassiné l'ex-Premier ministre - alors que l'enquête commence à peine et que le gouvernement n'échappe pas aux soupçons. Faire preuve de bonne volonté en ouvrant cette enquête aux experts internationaux : selon Musharraf, des membres de Scotland Yard devraient venir sous peu, ce qu'a confirmé le secrétaire au Foreign Office, qui a ajouté que les enquêteurs de Scotland Yard vont se rendre au Pakistan "avant la fin de la semaine".
Assassinat Bhutto: le rapport qui accable la police
Un rapport de l'ONU accuse la police du Pakistan d'avoir sciemment fait échouer l'enquête sur l'assassinat en 2007 de l'ancienne Première ministre. Le drame aurait pu être évité.
Publié le 16/04/2010
Le président pakistanais a également estimé que le report des législatives était "inévitable". Un report annoncé peu avant l'intervention du président pakistanais par la Commission électorale : alors que le scrutin était prévu initialement le 8 janvier, sa nouvelle date est désormais fixée au 18 février. "Je promets à tous les partis politiques que les élections seront justes, équitables et transparentes et je les exhorte à accepter cette décision dans l'intérêt suprême de la Nation et à participer pleinement" au scrutin, a déclaré le président de la Commission électorale, Qazi Mohammad Farooq. Ce dernier a notamment expliqué que les violences qui ont suivi l'assassinat, lesquelles ont fait au moins 58 morts et plusieurs dizaines de millions de dollars de dégâts, selon le gouvernement, ont gravement affecté la préparation des opérations de vote dans les quatre provinces du pays. Malgré des critiques appuyées de ce report, les deux grands partis d'opposition, celui de l'ex-Premier ministre assassiné Benazir Bhutto, et celui de l'autre ex-chef du gouvernement Nawaz Sharif, ont tous deux annoncé leur intention de participer au scrutin.
Deux suspects à identifier
En ce qui concerne l'aide d'enquêteurs internationaux dans la recherche des responsables de la mort de Benazir Bhutto, le Royaume-Uni et les Etats-Unis avaient déjà proposé leur coopération. Et Bernard Kouchner, premier ministre étranger à se rendre au Pakistan depuis l'assassinat, avait offert l'aide d'"experts" français ou de l'Union européenne. Pas question en revanche d'une enquête de l'ONU, comme le réclament la famille et le parti de l'ex-Premier ministre assassinée, car l'une des nombreuses conditions doit être l'implication présumée d'un pays tiers.
Pour l'heure, les autorités pakistanaises ont offert une forte récompense pour toute information qui permettrait d'identifier deux suspects, apparaissant sur une photo publiée dans la presse après l'assassinat de Benazir Bhutto. Mais ces autorités elles-mêmes sont suspectes aux yeux des partisans de la disparue, alors que les versions de sa mort données par le gouvernement et les témoins directs du drame divergent : le premier communiqué officiel disait que Benazir Bhutto avait heurté le toit de sa voiture blindée, alors que les témoignages, unanimes, évoquaient une balle tirée en pleine tête par un assaillant. Autre facteur de suspicion, un proche collaborateur de Benazir Bhutto, le sénateur Latif Khosa, assure que la disparue était sur le point, le jour où elle a été assassinée, de fournir la preuve que la commission électorale pakistanaise et les services de renseignements cherchaient à truquer les législatives à venir.
D'après agence
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