Image d'archives © ParsPix/Abacapress.comNawaz Sharif tient sa revanche. La parti de l'ex-Premier ministre, revenu d'un exil de 8 ans en novembre dernier après avoir été renversé par Pervez Musharraf, serait en tête des législatives qui ont eu lieu lundi au Pakistan, selon la télévision publique. Le Parti du peuple pakistanais (PPP) de Benazir Bhutto, tuée le 27 décembre dans un attentat suicide, aurait également recueilli de très bons scores. Après une journée de dépouillement, le parti du chef de l'Etat Pervez Musharraf a reconnu se défaite alors que mathématiquement, il ne peut plus remporter ces élections.
"Nous acceptons le verdict de la Nation. Les électeurs ont rendu leur verdict et, comme démocrates, nous devons accepter ce verdict", a déclaré le porte-parole de la Ligue Musulmane du Pakistan-Qaid-e-Azam (PML-Q), principal parti soutenant le chef de l'Etat. Le mouvement PML-N de l'ex-Premier ministre Nawaz Sharif "a fortement progressé", a reconnu le porte-parole. En revanche, le porte-parole du chef de l'Etat a tenu à souligner qu'il n'était pas question pour ce dernier de démissionner. Lundi, Pervez Musharraf avait d'ailleurs assuré qu'il travaillerait "de manière harmonieuse avec ceux qui gagneront les élections" . Sa marge de manoeuvre s'annonce pourtant réduite, avec une fonction vidée de ses pouvoirs et devenue essentiellement honorifique...
Une coalition anti-Musharraf ?
Le chef de l'Etat pakistanais joue son avenir politique à la tête de l'unique puissance nucléaire du monde musulman : si l'opposition s'unit et s'empare des deux tiers des sièges, il pourrait même être destitué. Une issue désormais possible puisque le parti de Bhutto a proposé mardi au parti de l'ex-Premier ministre Sharif et aux autres opposants de Musharraf "un gouvernement de consensus national qui comprendra l'ensemble des forces démocratiques". "Le sort de ces gens qui faisaient partie du précédent gouvernement ne nous intéresse pas", a précisé le PPP.
L'issue de ces élections est d'autant plus décisive que la crise politique qui secoue depuis un an le Pakistan est observée avec anxiété par la communauté internationale. Les Etats-Unis ont fait pression sur Musharraf, leur allié-clé dans leur "guerre contre le terrorisme", pour que le scrutin ait lieu. Pour Washington, les fondamentalistes menacent un Etat essentiel pour la stabilité de la région et Al-Qaïda et les talibans ont reconstitué leurs forces dans les zones tribales frontalières de l'Afghanistan. Et comme lors d'une campagne atone, les élections ont été marquées par le désintérêt des Pakistanais, avec 40% de participation, mais surtout par la peur des attentats.
D'après agence
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