Le président du Timor oriental, José Ramos-Horta (2007) © TF1/LCILe Timor oriental est sous état d'urgence pour une durée de 48 heures et le Premier ministre a décrété un couvre-feu. Depuis une vague de profonde déstabilisation en avril-juin 2006, des policiers et des soldats étrangers, en partie sous mandat de l'ONU, assurent la sécurité du pays. Ils devraient être renforcés après l'attaque coordonnée qui a visé lundi, sans succès, le président et le Premier ministre : le premier a été blessé et le second a réchappé à une embuscade. L'Australie, qui compte 800 militaires et policiers au Timor oriental, annonce déjà l'envoi supplémentaire d'une compagnie de militaires, soit 100 à 150 hommes, et de 70 policiers.
La première attaque a visé la résidence privée du chef de l'Etat José Ramos-Horta, prix Nobel de la paix 1996. Des rebelles armés ont donné l'assaut au petit matin de sa maison située dans la capitale Dili, provoquant une fusillade avec les gardes présidentiels assurant la sécurité du lieu. José Ramos-Horta, qui a reçu une balle dans l'abdomen, a été dirigé par avion vers un hôpital de Darwin, la grande ville australienne la plus proche, après avoir été opéré d'urgence dans un hôpital militaire de campagne. Le commandant rebelle Alfredo Reinado a été tué dans la fusillade. Le Premier ministre du Timor oriental Xanana Gusmao, un proche de José Ramos-Horta, a lui réchappé à une tentative d'attentat distincte : sa voiture, prise en embuscade, a été la cible de tirs. Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a fait part lundi de la "très vive émotion" de la France.
La tête brûlée contre le "faiseur de paix"
Dans ce jeune pays très pauvre qu'est le Timor oriental, aux confins du Sud-Est asiatique, et indépendant depuis 2002, la situation politique est des plus instables. Ramos-Horta, élu l'an passé président après avoir été Premier ministre, incarne depuis plus de 30 ans le combat pour exister de cette ex-colonie portugaise. Depuis qu'il est à la tête de l'Etat, mais sans réel pouvoir exécutif, il s'est employé à unifier le pays divisé par des violences.
Tout à l'opposé de ce "faiseur de paix", le commandant rebelle Alfredo Reinado, tué dans l'attaque du domicile du président, était une tête brûlée alimentant les troubles au Timor oriental. Agé d'environ 40 ans, le "commandant Alfredo" avait pris le maquis en 2006, rejoignant des insurgés qui s'estimaient victimes de discriminations au sein des forces de sécurité. A la tête de seulement quelques dizaines d'hommes, il avait réussi à tourner en ridicule les forces envoyées par l'Australie pour rétablir la sécurité dans la jeune nation. Il avait acquis à sa cause des centaines de jeunes désenchantés en réussissant avec ses fidèles une évasion groupée et en échappant aux opérations militaires australiennes alliant blindés et hélicoptères.
Malgré les mesures de sécurité renforcées, état d'urgence et couvre-feu notamment, le Premier ministre Xanana Gusmao s'est voulu rassurant quelques heures après le double attentat, en assurant que la situation au Timor oriental est "sous contrôle". L'Indonésie n'en a pas moins annoncé le renforcement de la sécurité à sa frontière avec le Timor oriental.
D'après agences
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