Lhassa, quadrillée par les forces de l'ordre, dimanche 16 mars 2006 © TF1/LCI 
Exclusif : Lhassa, en caméra cachée
Quelque cent personnes ont été tuées dans les violences survenues au Tibet, a affirmé lundi le Premier ministre tibétain en exil à Dharamsala, dans le nord de l'Inde, tandis que le Parlement des tibétains en exil annonce, lui, des "centaines" de tués depuis une semaine. "Le fait que de vastes manifestations qui ont débuté le 10 mars dans la capitale Lhassa et d'autres régions du Tibet aient entraîné la mort de centaines de Tibétains avec usage de la force (...) doit être porté à l'attention des Nations unies et de la communauté internationale", a indiqué le communiqué du Parlement en exil dans un communiqué, sans livrer aucun détail sur ce décompte.
Ce chiffre, invérifiable, est beaucoup plus élevé que celui fourni par les autorités chinoises qui ont avancé le nombre de 13 tués. Les conseillers du dalaï lama ont réaffirmé lundi avoir reçu la confirmation de 80 morts, parmi lesquels 26 personnes qui auraient été abattues samedi par les forces de sécurité chinoises près d'une prison de Lhassa. Plus mesuré que le Parlement, le Premier ministre du gouvernement tibétain en exil, Samdhong Rinpoché, a admis qu'il était "très difficile d'obtenir des chiffres précis". "Mais je pense que le bilan est presque proche du chiffre de 100 morts", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.
Une enquête
Les autorités tibétaines assurent disposer d'informations "fiables" obtenues depuis le Tibet par des proches des familles et grâce à leurs propres réseaux d'informateurs. Mais ils reconnaissent aussi qu'il est difficile de dresser des bilans précis. Par exemple, "une personne nous a dit avoir compté 68 corps dans une morgue", mais cela n'a pas pu être confirmé, a expliqué dimanche un conseiller du dalaï lama, Tenzin Takhla.
Le Premier ministre Samdhong Rinpoché, qui se dit "impuissant", a réitéré un appel à une enquête internationale lancé la veille par le dalaï lama. "Nous demandons à la communauté internationale et aux Nations unies d'envoyer des délégations ou des commissions au Tibet", a-t-il dit. Le Parlement a affirmé avoir établi "un comité d'informations et de surveillance" destiné à rassembler les informations venant de la région autonome chinoise où les journalistes étrangers ne peuvent pas travailler librement.
"Ordre de tirer"
Le président du Parlement, Karma Chophel, a rappelé que la Chine avait fixé un ultimatum aux manifestants pour leur reddition et que, selon ses informations, "un ordre de tirer à vue avait été donné". Le Parlement tibétain en exil est une assemblée basée à Dharamsala, dans les montagnes du nord de l'Inde, où le dalaï lama a trouvé refuge en 1959 après le soulèvement raté contre le joug de Pékin à Lhassa. Formé en 1962, cet organe consultatif élit depuis 1990 le gouvernement en exil. Environ 100.000 exilés tibétains sont réfugiés en Inde.
(D'après agence)
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