Le dalaï lama le 16 mars 2008 en Inde © TF1/LCI"Je suis ici impuissant, je peux juste prier". Le dalaï lama, chef spirituel en exil des Tibétains, a demandé samedi depuis New Dehli à la communauté internationale d'"aider" à résoudre la crise au Tibet. "Nous n'avons aucun pouvoir sauf la justice, la vérité, la sincérité... Nous sommes ouverts, nous attendons", a déclaré le lauréat 1989 du prix Nobel de la Paix, réitérant ainsi ses appels au dialogue avec Pékin. Vendredi, le dalaï lama avait une nouvelle fois appelé la Chine à renouer le dialogue pour résoudre la crise du Tibet, réaffirmant ne chercher ni l'indépendance, ni l'échec des jeux Olympiques, un signe supplémentaire de sa volonté d'apaisement avec Pékin.
Ce nouvel appel intervient au lendemain de celui du président américain George W. Bush, qui a encouragé la Chine à dialoguer avec les représentants du dalaï lama et à faire preuve de retenue au Tibet, dans ses premières déclarations personnelles et publiques depuis le début de la crise. Même message de la part de la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, qui s'est en outre dite opposée au boycottage des JO afin d'éviter d'insulter le peuple chinois.
L'UE partagée sur l'idée d'un boycott
De leur côté, les ministres européens des affaires étrangères ont finalement jugé samedi prématuré d'appeler à un quelconque boycott des JO de Pékin, appelant simplement à "dialogue constructif" entre les autorités chinoises et le dalaï-lama. "Personne n'est pour le boycott des jeux Olympiques et quant à la cérémonie d'ouverture, personne n'a voulu en parler", a déclaré Bernard Kouchner.
Les ministres des Affaires étrangères de l'Union Européenne sont en effet partagés sur l'idée d'un boycott de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Pékin en août. De nombreux pays, dont la Grande-Bretagne, le Portugal, l'Espagne, la Suède, ont déjà assuré qu'ils participeraient à la cérémonie, tandis que beaucoup d'autres hésitaient à se prononcer.
Par ailleurs, le gouvernement tibétain en exil a affirmé que des manifestations avaient eu lieu samedi près d'un monastère de Lhassa. Selon un communiqué diffusé sur le site du gouvernement tibétain en exil, la manifestation "a très rapidement rassemblé des milliers de personnes". Un homme en contact avec Lhassa a précisé que "peu après le début des manifestations, un cordon de sécurité a été mis en place par la police chinoise". Si elles sont confirmées, ces manifestations seraient les premières à Lhassa depuis celles du 10 mars.
Le dalaï lama va-t-il démissionner ? |
Le dalaï lama a indiqué samedi qu'il souhaitait avoir plus de temps pour se préparer à sa "future vie", précisant qu'il était possible "d'ici quelque temps", qu'il démissionne "volontairement et de façon heureuse". "Je suis déjà dans une position de semi-retrait", a assuré le dignitaire âgé de 72 ans. Le dalaï lama a menacé à plusieurs reprises depuis les émeutes à Lhassa, de quitter sa charge de chef spirituel du bouddhisme tibétain mais en liant son départ à une aggravation de la situation au Tibet. Son entourage avait précisé récemment que le chef spirituel souhaitait voir le Parlement tibétain en exil à Dharamsala, dans le nord de l'Inde, jouer un rôle politique plus grand, afin d'alléger sa tâche. |
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