Images des violences à Lhassa filmées par la télévision chinoise © TF1/LCIUne semaine après les émeutes sanglantes de Lhassa, la Chine, qui semble rester sourde aux appels au dialogue avec le dalaï lama, a assuré samedi qu'elle allait poursuivre la répression au Tibet afin "d'écraser" la contestation indépendantiste. Alors que les organisations des droits de l'homme et pro-tibétaines craignent des vagues d'arrestations, le Quotidien du peuple a souligné que "1,3 milliard de Chinois, incluant le peuple tibétain, ne laisseront personne ni aucune force saper la stabilité de la région". Le bilan officiel des émeutes de Lhassa a été revu à la hausse, à 19 morts, dont 18 civils "innocents". Un bilan qui fait également état de 241 policiers blessés, dont 23 grièvement, et de 382 civils blessés, dont 58 grièvement, soit un total de 623 blessés, dont 61 grièvement. Le gouvernement tibétain en exil dans le nord de l'Inde fournit de son côté un bilan "confirmé" de 99 morts au Tibet et dans les provinces chinoises voisines abritant des minorités tibétaines.
Une répression que la communauté internationale condamne mollement, mais que de nombreux députés et sénateurs français dénoncent depuis une semaine. La mobilisation ne devrait pas faiblir, avec de nouvelles actions prévues après le week-end de Pâques. Des questions au gouvernement sont annoncées mardi et mercredi, et un rassemblement de députés devant l'ambassade chinoise n'est pas écartée par l'UMP Lionnel Luca. Au Sénat, une réunion "en urgence" du groupe d'information est convoquée pour mercredi, en vue de s'entretenir avec le représentant du dalaï lama, Jampal Chosang, et décider "d'initiatives très concrètes".
Actions symboliques
Dès dimanche dernier, alors que les premières images des violences arrivaient de Lhassa, les 44 membres du groupe d'information sur le Tibet au Sénat et leurs 62 collègues du groupe d'études sur le Tibet à l'Assemblée nationale avaient sonné la charge. Louis de Broissia (UMP), président du groupe sénatorial, avait appelé le gouvernement à "exiger la fin immédiate des massacres" au Tibet, et à faire flotter le drapeau tibétain sur les édifices publics. Son homologue au Palais-Bourbon, Lionnel Luca, avait décidé de manifester devant l'ambassade de Chine, pour protester contre "la répression" chinoise et réclamer des visas pour Lhassa.
Mardi, huit députés, ceints de leur écharpe tricolore, ont manifesté durant une heure devant la représentation chinoise. "Il faut saluer le courage de ceux qui acceptent de mourir pour qu'on parle d'eux", déclarait alors Lionnel Luca, accompagné des socialistes Patrick Bloche et Jean-Louis Bianco. "Nous sommes tous unis. Nous ne voulons pas que le Tibet disparaisse, nous voulons que s'ouvrent enfin des négociations, demandées depuis 20 ans par le dalaï lama", renchérissait Jean-Louis Bianco, proche de Ségolène Royal.
Tout au long de la semaine, les démarches symboliques se sont multipliées. Jacques Remiller (UMP) a hissé le drapeau tibétain sur sa mairie de Vienne, dans l'Isère. Son collègue PS, Jean-Louis Gagnaire, a démissionné du groupe d'amitié France-Chine. S'ils n'ont pas appelé au boycott des Jeux, pour ne pas être "plus dalaï lama que le dalaï lama", plusieurs parlementaires ont évoqué le boycott des cérémonies olympiques.
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...




