Le dalaï lama le 16 mars 2008 en Inde © TF1/LCILe dalaï lama a réclamé dimanche une enquête internationale sur les violences meurtrières au Tibet et a condamné un "génocide culturel" après les émeutes à Lhassa qui ont fait 80 morts selon le gouvernement en exil. "S'il vous plaît, enquêtez, si cela est possible... qu'un organisme international tente d'abord d'enquêter sur la situation au Tibet", a plaidé le chef spirituel des boudhistes tibétains lors d'une conférence de presse depuis Dharamsala (Inde), où il vit en exil.
"Que ce soit de façon intentionnelle ou non, un génocide culturel est en train de se dérouler", a-t-il ajouté, affirmant que les Tibétains étaient traités "comme des citoyens de seconde classe" au sein de la région autonome chinoise. Le dignitaire religieux a également pourfendu "le régime de la terreur" imposé par la Chine communiste. "Ils s'appuient uniquement sur la force de façon à obtenir un simulacre de paix, une paix amenée par la force au moyen d'un régime de la terreur", a considéré le chef spirituel tibétain.
Il s'est toutefois refusé à appeler au boycottage des jeux Olympiques prévus en août à Pékin. "Je souhaite ces jeux", a-t-il dit. "Le peuple chinois...a besoin de se sentir fier. La Chine mérite d'accueillir les jeux Olympiques", a-t-il encore estimé. "On doit rappeler à Pékin qu'il doit être un hôte convenable pour les jeux Olympiques", a-t-il encore déclaré.
"Génocide au Tibet"
Peu avant l'intervention du lauréat 1989 du prix Nobel de la paix, de jeunes tibétains radicaux exilés en Inde avaient déjà dénoncé dimanche "un génocide" perpétré par la Chine après les violences meurtrières qui ont embrasé Lhassa. "La Chine doit arrêter la brutale répression et le génocide au Tibet", avait lancé Sonam Darjee, un responsable du Congrès de la jeunesse tibétaine qui, à l'inverse du dalaï lama, exige l'indépendance pure et simple et non une simple "autonomie culturelle" de la région autonome chinoise. Un demi-millier de personnes se sont rassemblées dimanche à Paris en soutien au peuple tibétain et pour dénoncer la "persécution" chinoise au Tibet.
Dimanche, au moins sept Tibétains ont été tués par balles dimanche lors de la manifestation réprimée par la police à Ngawa, dans un district tibétain de la province du Sichuan (sud-ouest), selon deux groupes pro-tibétains. Le Centre tibétain pour les droits de l'homme et la démocratie (TCHRD) parle de "treize morts confirmés", dont des moines du monastère Kirti, à Ngawa, à quelque 1.000 kilomètres au nord-est de Lhassa. Le site YouTube a été bloqué dimanche en Chine après la diffusion d'une vidéo sur ces sanglantes manifestations.
La situation s'est embrasée vendredi à Lhassa avec des violences dans le centre historique de la ville qui ont fait 10 morts selon les autorités chinoises, 80 selon le gouvernement tibétain en exil. Il s'agit des manifestations les plus sanglantes au Tibet depuis celles de 1989.
(D'après agence)
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