Le dalaï lama le 16 mars 2008 en Inde © TF1/LCILe dalaï-lama, chef spirituel des Tibétains en exil, a appelé mercredi les dirigeants du monde entier à l'aider à résoudre le conflit sur le Tibet par le "dialogue" avec la Chine et à exhorter Pékin à la "retenue" dans sa gestion des troubles. Confronté au plus grand mouvement tibétain depuis deux décennies, la célébrissime et unique figure de la cause tibétaine est ambivalent face à la Chine : il ne cesse de denoncer le "régime de la terreur" chinois, tout en plaidant pour que "Tibétains et Chinois vivent côte à côte, en harmonie". L'entourage du dalaï lama avait commencé en 2002 des négociations directes annuelles avec des responsables chinois et le dernier cycle de ces pourparlers remonte à juin-juillet 2007. Le dalaï-lama refuse aussi d'appeler au boycottage des JO que Pékin "mérite", selon lui, d'accueillir.
Une ligne sur laquelle il est resté mercredi, alors qu'il s'est entretenu avec des représentants de cinq organisations tibétaines radicales à Dharamsala, dans le nord de l'Inde. Les exilés tibétains en Inde sont en effet divisés entre l'ancienne génération du dalaï-lama, apôtre de la non-violence et partisan de l'autonomie, et des radicaux, dont le Congrès de la jeunesse tibétaine qui exigent l'indépendance. Pour sa part, le dalaï lama a menacé mardi de démissionner de sa position de dirigeant politique alors que l'une des organisations tibétaines les plus radicales, le Congrès de la jeunesse tibétaine, a fustigé sa position traditionnellement modérée.
Mouvements de troupes dans le Sichuan
Une autre figure religieuse, le pape Benoît XVI, a également estimé mercredi que la violence ne pouvait résoudre le problème. Une position de dialogue bien éloignée de celle de la Chine, qui affirme avoir engagé une "lutte à mort" au Tibet et a annoncé la reddition de 105 émeutiers à Lhassa, les groupes pro-tibétains évoquant pour leur part des centaines d'arrestations. Dans un discours particulièrement violent prononcé mardi - où il a qualifié le dalaï lama de "loup enveloppé dans une bure de moine" et de "monstre à face humaine mais au coeur d'animal"-, l'homme fort du Tibet, le numéro un du Parti communiste Zhang Qingli, a appelé les responsables à ne pas baisser la garde.
Signe de l'intensification de la répression, la Chine a déployé d'importants effectifs militaires et paramilitaires dans ses provinces les plus occidentales pour mettre fin aux troubles liés aux manifestations de Tibétains. Les témoignages disponibles ont fait état de mouvements de troupes particulièrement vastes dans la province du Sichuan, qui borde le Tibet, et compte plusieurs districts peuplés de Tibétains. Un journaliste étranger voyageant au Sichuan a, pour sa part, déclaré avoir vu un grand nombre de camions militaires transportant des soldats le long de routes près de la frontière administrative avec le Tibet. Selon l'organisation Free Tibet Campaign (Campagne pour un Tibet libre), dont le siège est à Londres, la police du district de Ngawa, situé dans cette même province et où une action de protestation sanglante avait eu lieu dimanche, a exhorté à l'aide de haut-parleurs placés sur des camionnettes les meneurs de ce mouvement à se rendre.
Parallèlement, les déplacements des non-ressortissants chinois sont de plus en plus limités. Le gouvernement de Pékin avait déjà demandé aux étrangers de quitter le Tibet et suspendu la délivrance des permis de séjour dans la région himalayenne, d'où plusieurs journalistes avaient été expulsés. Mercredi, des étrangers voyageant en car dans la province du Sichuan ont été stoppés à un barrage routier sur la route de Lhassa. Seule explication de la police chinoise : La zone "est fermée à tous les étrangers et aux touristes".
D'après agence
| Flamme olympique au Tibet : Pékin persiste et signe |
Malgré les violences, la flamme olympique passera comme prévu à l'Everest et au Tibet en mai, a déclaré mercredi le vice-président du comité d'organisation des jeux Olympiques de Pékin. "Nous sommes pleinement convaincus que la Région autonome du Tibet est capable d'assurer la stabilité", a-t-il estimé. Mardi, des partisans des manifestants tibétains ont envoyé une lettre au Comité international olympique (CIO) pour lui demander de ne pas faire passer la flamme par le Tibet et trois régions voisines. Le même jour, Bernard Kouchner avait déclaré que la France était opposée à un boycott de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Pékin en raison de la situation au Tibet, mais n'avait pas pas exclu que les 27 membres de l'UE en discutent. |
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