Face à la répression, les Tibétains se divisent

le 19 mars 2008 à 16h32 , mis à jour le 19 mars 2008 à 17h27

Alors que les appels au boycott se multiplient, le vice-président du comité d'organisation indique que "le parcours va se dérouler comme prévu".

Le dalaï lama le 16 mars 2008 en IndeLe dalaï lama le 16 mars 2008 en Inde © TF1/LCI

Le dalaï-lama, chef spirituel des Tibétains en exil, a appelé mercredi les dirigeants du monde entier à l'aider à résoudre le conflit sur le Tibet par le "dialogue" avec la Chine et à exhorter Pékin à la "retenue" dans sa gestion des troubles. Confronté au plus grand mouvement tibétain depuis deux décennies, la célébrissime et unique figure de la cause tibétaine est ambivalent face à la Chine : il ne cesse de denoncer le "régime de la terreur" chinois, tout en plaidant pour que "Tibétains et Chinois vivent côte à côte, en harmonie". L'entourage du dalaï lama avait commencé en 2002 des négociations directes annuelles avec des responsables chinois et le dernier cycle de ces pourparlers remonte à juin-juillet 2007. Le dalaï-lama refuse aussi d'appeler au boycottage des JO que Pékin "mérite", selon lui, d'accueillir.

Une ligne sur laquelle il est resté mercredi, alors qu'il s'est entretenu avec des représentants de cinq organisations tibétaines  radicales à Dharamsala, dans le nord de l'Inde. Les exilés tibétains en Inde sont en effet divisés entre l'ancienne génération du dalaï-lama, apôtre de la non-violence et partisan de l'autonomie, et des radicaux, dont le Congrès de la jeunesse tibétaine qui exigent l'indépendance. Pour sa part, le dalaï lama a menacé mardi de démissionner de sa position de dirigeant politique alors que l'une des organisations tibétaines les plus radicales, le Congrès de la jeunesse tibétaine, a fustigé sa position traditionnellement modérée.

Mouvements de troupes dans le Sichuan

Une autre figure religieuse, le pape Benoît XVI, a également estimé mercredi que la violence ne pouvait résoudre le problème. Une position de dialogue bien éloignée de celle de la Chine, qui affirme avoir engagé une "lutte à mort" au Tibet et a annoncé la reddition de 105 émeutiers à Lhassa, les groupes pro-tibétains évoquant pour leur part des centaines d'arrestations. Dans un discours particulièrement violent prononcé mardi - où il a qualifié le dalaï lama de "loup enveloppé dans une bure de moine" et de "monstre à face humaine mais au coeur d'animal"-, l'homme fort du Tibet, le numéro un du Parti communiste Zhang Qingli, a appelé les responsables à ne pas baisser la garde.

Signe de l'intensification de la répression, la Chine a déployé d'importants effectifs militaires et paramilitaires dans ses provinces les plus occidentales pour mettre fin aux troubles liés aux manifestations de Tibétains. Les témoignages disponibles ont fait état de mouvements de troupes particulièrement vastes dans la province du Sichuan, qui borde le Tibet, et compte plusieurs districts peuplés de Tibétains. Un journaliste étranger voyageant au Sichuan a, pour sa part, déclaré avoir vu un grand nombre de camions militaires transportant des soldats le long de routes près de la frontière administrative avec le Tibet. Selon l'organisation Free Tibet Campaign (Campagne pour un Tibet libre), dont le siège est à Londres, la police du district de Ngawa, situé dans cette même province et où une action de protestation sanglante avait eu lieu dimanche, a exhorté à l'aide de haut-parleurs placés sur des camionnettes les meneurs de ce mouvement à se rendre.

Parallèlement, les déplacements des non-ressortissants chinois sont de plus en plus limités. Le gouvernement de Pékin avait déjà demandé aux étrangers de quitter le Tibet et suspendu la délivrance des permis de séjour dans la région himalayenne, d'où plusieurs journalistes avaient été expulsés. Mercredi, des étrangers voyageant en car dans la province du Sichuan ont été stoppés à un barrage routier sur la route de Lhassa. Seule explication de la police chinoise : La zone "est fermée à tous les étrangers et aux touristes".

D'après agence

Flamme olympique au Tibet : Pékin persiste et signe

Malgré les violences, la flamme olympique passera comme prévu à l'Everest et au Tibet en mai, a déclaré mercredi le vice-président du comité d'organisation des jeux Olympiques de Pékin. "Nous sommes pleinement convaincus que la Région autonome du Tibet est capable d'assurer la stabilité", a-t-il estimé. Mardi, des partisans des manifestants tibétains ont envoyé une lettre au Comité international olympique (CIO) pour lui demander de ne pas faire passer la flamme par le Tibet et trois régions voisines. Le même jour, Bernard Kouchner avait déclaré que la France était opposée à un boycott de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Pékin en raison de la situation au Tibet, mais n'avait pas pas exclu que les 27 membres de l'UE  en discutent.

le 19 mars 2008 à 16:32
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6 Commentaires

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  • Dimitri, le 20/03/2008 à 08h22

    Quelques centaines de mort pour des centaines de millions voir des milliards plus le respect de la chine. Voila ce qu'il faut pour que Mr kouchner ferme les yeux et oublie les droits de l'homme.

  • Nina, le 19/03/2008 à 22h18

    Dalaï-lama a quitté Tibet dans les années 60, pendant la révolution culturelle, à ce moment là, tous les réligions sont ménacés en Chine. Mais maintenant, c'est le moment de retourner au son pays, à découvrir la nouvelle paysage.

  • FLEURY Denis, le 19/03/2008 à 22h01

    Je m'intéresse à la cause Tibétaine depuis plus de dix ans, comme d'autre le font pour les peuples du monde privés de leurs droits ou d'une chance de survivre parce qu'ils ne représentent rien face aux yeux des enjeux économiques. N'oublions pas qui nous sommes et que nous vivons sur la même planète. Que l'injustice et l'horreur que vit le Tibet depuis 1950 est de notre responsabilité. Si les pouvoirs politiques actuels prétendent ne pas admettre ce qui a été commis contre le peuple juif durant la seconde guerre mondiale, qu'ils s'en tiennent à leur parole au lieu d'invoquer des raisons malhabilement déguisées. Qu'ils montrent l'exemple en dénonçant les violations les plus élémentaires. Que les chefs de nos pays, nous représentent au mieux et ne nous fassent pas honte. Les médias ne sont pas en reste sur cet épineux problème. Je n'ai entendu aucune chaîne de télévision annoncer un boycott de retransmission. Et sans doute avons-nous là, le meilleur moyen de faire comprendre aux dirigeants du monde que nous n'acceptons plus ces hypocrisies diplomatiques, qui font de nous les complices de génocides et les acteurs passifs d'extinction de peuples et de leur richesses culturelles. N'allumez pas votre téléviseur durant la période des JO de Pékin ! Cette fois, c'est vous qui avez le pouvoir de dire non !

  • Danielli, le 19/03/2008 à 19h15

    Afin de manifester contre l'oppression chinoise au Tibet, à mon niveau, je cherche le tee shirt que reporter sans frontière a présenté au jt. merci de me faire parvenir l'info. cordialement

  • Pleyber, le 19/03/2008 à 18h43

    En quoi le Dalaï Lama serait il ambivalent en dénonçant "le regime de terreur chinois"et en plaidant pour que "tibetains et chinois vivent côte à côte" ?Pourquoi c'est toujours la loi du plus fort? Et si le Dalaï Lama espérait en une paix possible entre les hommes?

  • Knigge, le 19/03/2008 à 17h27

    Le dalai-lama a bien sur raison, il faut toujours privilégier le dialogue. le congrés de la jeunesse tibétaine est soit inconscient (de vouloir un conflit avec le Chine) , soit il "roule" pour une autre puissance et est financé par je ne sais quel fondation occidentale,ce qui n'est pas impossible...vu les ressources dont dispose le Tibet ( gaz, pétrole, or...)

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