© AFPLe Tibet a été fermé samedi aux touristes après les émeutes de Lhassa. "Nous n'avons plus de clients étrangers", témoignait l'employé d'un hôtel situé dans le coeur historique de la capitale tibétaine, où ont éclaté les affrontements, qui ont fait entre 10 et "plus de 100" morts selon les sources. Plusieurs tour-opérateurs de la ville de Chengdu, point de passage quasi-obligatoire pour se rendre au Tibet en avion, ont indiqué que la région était désormais inaccessible aux étrangers.
Compte tenu des émeutes, les chancelleries ont déconseillé de se rendre pour l'instant au Tibet. Des pays occidentaux recensaient samedi peu de ressortissants sur place. "Il n'y a pas de groupes importants" de Français au Tibet, selon une source diplomatique française. "Il y a quelques touristes suédois", selon Oslo, des "individus sac au dos", selon La Haye, une "dizaine maximum" d'Italiens sur place, selon Rome, et un "nombre limité" de voyageurs allemands, selon Berlin.
Les médias chinois évoquent des "casseurs"
Pourtant, après les violences de vendredi, Lhassa était calme samedi et quadrillée par les forces de l'ordre. Des chars et des véhicules militaires patrouillaient dans les rues. Mais les étrangers ayant fui la capitale tibétaine racontaient la peur et le chaos lors des manifestations de la veille, et la démonstration de force massive de l'armée chinoise pour ramener le calme. "J'ai vu beaucoup de gens avec des blessures à la tête, du sang, et partout des ambulances, des chars et des policiers", témoignait ainsi Bente Walle, touriste danoise de 58 ans, arrivée samedi à l'aéroport de Chengdu.
Présage de cette reprise en main, les médias chinois ont commencé à diffuser les premières images des violences accessibles depuis la Chine, après la chape de plomb qui s'était abattue vendredi autant sur les télévisions ou radios que sur les sites internet. Les images visibles en Chine étaient cependant soigneusement sélectionnées pour ne rien montrer du dispositif militaire et pour mettre en avant les attaques envers des Chinois. Le tout accompagné de commentaires éloquents sur la violence des émeutiers assimilés à des casseurs et à des saboteurs. Pékin a assuré de sa "clémence" ceux qui se rendront d'ici lundi minuit, sans que l'on sache au juste ce que recouvre cette annonce. Mais loin de cette prétendue clémence, de nombreux témoignages décrivent une capitale tibétaine dont les habitants terrorisés se cloîtrent, pendant que se multiplient les arrestations.
A l'étranger, les commentaires officiels ont souvent évité les condamnations trop formelles de la répression chinoise. Les Etats-Unis et l'Union Européenne ont fait part de leur inquiétude et appelé la Chine à la "retenue". La chancelière allemande Angela Merkel s'est dite "préoccupée" et a prôné un "dialogue pacifique et direct" entre Pékin et le dalaï lama. Moins mesurée, l'Italie a demandé "avec beaucoup de fermeté" aux autorités chinoises de "mettre fin aux répressions et aux meurtres" au Tibet car ils ne sont pas "tolérables". Quant au gouvernement tibétain en exil, il a demandé samedi à la Chine d'agir avec "compassion" et "sagesse", et a appelé à une enquête de l'ONU sur les violences qualifiées de "violations des droits de l'Homme".
D'après agence
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