Les Jeux Olympiques de Pékin © TF1/LCIA cinq mois des Jeux Olympiques de Pékin, et alors que des manifestations ont été réprimées dans le sang à Lhassa, au Tibet (lire notre article), la France s'est prononcée dimanche contre le boycott des Jeux.
La secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme, Rama Yade, a en effet clairement indiqué sur Europe 1 que la France n'est "pas partisane d'un boycott" soulignant que "dans l'histoire", de telles actions sont "rarement efficaces". Mais elle a réclamé que "la lumière soit faite, le plus rapidement possible" sur "les évènements très préoccupants" au Tibet et elle a demandé que "les manifestants pacifiques qui ont été emprisonnés soient libérés".
"Une obscénité absolument insupportable"
Dans le même temps, des personnalités ont défendu le recours à un tel boycott afin de protester contre l'attitude de la Chine au Tibet. Pour le philosophe Benard-Henri Lévy, "les Jeux Olympiques n'avaient déjà pas beaucoup de sens dans cette Chine qui bafoue tous les jours les droits de l'Homme (...) A l'ombre de la répression des moines tibétains, (ils) deviennent une obscénité absolument insupportable : je ne vois pas comment des démocrates peuvent éviter d'appeller aujourd'hui à leur boycott", a-t-il déclaré sur RTL.
Même discours de la part du député et ex-ministre socialiste Jack Lang. Mais, selon lui, "il faudrait convaincre beaucoup de pays" d'y participer. "J'y souscris, tout en cherchant des voix qui permettent que cela ne reste pas sans lendemain", ajoute-t-il dans Le Parisien. Il a accusé le gouvernement français d'être "suiviste" dans la dénonciation de la Chine, jugeant que "cette lâcheté internationale vis-à-vis du Tibet est inacceptable". "Je n'ai pas entendu que lors du voyage à Pékin, les autorités françaises aient soulevé la moindre question sur le Tibet", dit-il à propos du voyage en Chine de Nicolas Sarkozy, en novembre.
Des badges en faveur du Tibet ?
Partisan d'une solution moins radicale, l'ancien ministre de la Justice socialiste Robert Badinter, signataire en 2000 d'un manifeste de parlementaires français pour le Tibet, pour qui un boycott n'est "pas réaliste", a proposé que tous les athlètes concourant aux JO arborent des badges défendant la cause tibétaine. "Imaginez que tous ceux qui iront aux Jeux olympiques portent dans le stade immense de Pékin des badges avec marqué 'Vive le Tibet libre' ou 'Respectez les Tibétains' (...) Cela aurait un impact considérable", a-t-il lancé sur RTL.
Dans le milieu sportif, le président de la Fédération française de judo, Jean-Luc Rougé, a jugé que l'organisation des JO à Pékin était plus dangereuse pour le régime chinois qu'un éventuel boycott, dans une interview au Parisien/Aujourd'hui en France. "Sans les JO, le monde entier n'aurait pas parlé de la même manière des évènements qui viennent de se dérouler au Tibet", a plaidé l'ancien judoka, qui participa en 1980 aux JO de Moscou, boycottés par plusieurs pays occidentaux.
Silence au CIO
Le monde sportif se prononce d'ailleurs très majoritairement contre un boycott. "Il ne fait aucun doute que grâce aux Jeux et à l'après Jeux, le thème des droits de l'Homme en Chine va connaître une avancée gigantesque", affirme ainsi avec optimisme le président du Comité olympique espagnol (COE) Alejandro Blanco.
Dimanche, seuls quelques athlètes isolés avaient évoqué l'éventualité d'un boycott, sur le mode interrogatif, notamment en Allemagne (lire encadré ci-dessous), tandis que le CIO est resté silencieux. Maître d'oeuvre des Jeux, il est l'unique responsable du choix de Pékin pour l'organisation de l'épreuve. A l'époque, en 2001, l'institution olympique avait déjà dû affronter une volée de critiques venues du monde entier, pour avoir accordé les JO à un régime en délicatesse avec les droits de l'Homme.
| Des sportifs allemands songent à renoncer à participer aux JO |
Comme le gouvernement français, la chancelière allemande Angela Merkel a rejeté dimanche toute idée de boycott des JO. Certains sportifs célèbres songent en revanche à annuler leur participation auxJO de Pékin en raison des violences au Tibet, a indiqué dimanche le Comité olympique allemand (DOSB), qui les appelle à faire acte de présence en "signe de paix." "Beaucoup de stars du sport ont mal au ventre en pensant aux jeux Olympiques. Certains réfléchissent même à une annulation (de leur participation)", a dit le président du DOSB Thomas Bach au quotidien Bild, estimant cependant que le devoir du sport était de donner "un signal de paix." "Je comprends ces athlètes qui se posent des questions (sur leur participation ou non au JO). C'est tout à leur honneur. Je suis prêt à tout moment à discuter avec chacun d'entre eux. S'ils examinent la situation, ils constateront qu'il est tout de même préférable d'être présents que de rester à l'écart", a-t-il affirmé. |
(D'après agence)
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