Les Jeux Olympiques de Pékin © TF1/LCIAprès Rama Yade, c'est au tour de Bernard Laporte de donner la position française face aux JO de Pékin, dans cinq mois. Le secrétaire d'Etat aux Sports a affirmé lundi qu'"il ne ser(vait) à rien" de boycotter les Jeux malgré les événements du Tibet et rejeté un geste symbolique de l'équipe de France lors de la cérémonie d'ouverture. "Si demain, on me dit que ne pas faire les jeux Olympiques, cela va ouvrir la Chine, redonner les droits de l'Homme, régler tous les problèmes, c'est de l'utopie, du rêve", a-t-il justifié, alors que plusieurs politiques ont réclamé dimanche le boycott des JO (lire notre article). "Même le dalaï lama a dit qu'il ne faut pas boycotter, car cela va permettre à tout le monde de voir de l'intérieur ce qui se passe en Chine", a-t-il ajouté.
"Les jeux de Moscou ont été boycottés, cela n'a pas fait tomber le mur de Berlin. Il ne faut pas tout mélanger, il y a des gouvernements qui sont en charge de ça, ce n'est pas les sportifs qui sont chargés de ça", a dit Bernard Laporte, selon qui "se retirer, ce serait cautionner ce qui se passe. (Les Chinois) se doivent d'évoluer. Ils ont progressé. C'est loin de ce que nous désirons. Les jeux Olympiques vont les obliger à s'ouvrir". Un avis partagé par d'anciens sportifs allemands, qui avaient, avec l'Allemagne de l'ouest, refusé de participer aux jeux Olympiques de Moscou en 1980 : ils ont affirmé lundi qu'un boycott ne servait à rien et appelé les athlètes à participer aux JO de Pékin malgré la répression sanglante au Tibet.
Un boycott punit les athlètes
Après Berlin, Londres et Paris, Bruxelles s'est à son tour prononcé contre un tel boycott, tout en se disant "très inquiète" des événements au Tibet. Selon la Commission européenne, qui a "appelé les autorités chinoises à la retenue", le boycott n'est pas "une manière appropriée de répondre au problème du respect des droits de l'Homme". Quelle manière alors ? La Commission est en contact avec les autorités chinoises à Pékin "pour faire passer notre message, qui est l'importance du respect des droits des minorités au Tibet".
Autre voix de poids : le comité olympique européen qui s'est aussi prononcé lundi contre le boycott des Jeux de Pékin, estimant que cette mesure ne punirait que les "athlètes". "Les boycotts n'ont jamais marché", a estimé un porte-parole, évoquant les JO de Montréal en 1976, ceux de Moscou en 1980 et de Los Angeles en 1984.
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