Le dalaï lama démissionnera si la situation se dégrade

le 18 mars 2008 à 07h28 , mis à jour le 18 mars 2008 à 15h04

Le Premier ministre chinois a accusé mardi "la clique du dalaï-lama" d'avoir organisé les troubles au Tibet. Au Gansu, les violences auraient encore fait 19 morts.

Le dalaï lama, le 16 octobre 2007Le dalaï lama, le 16 octobre 2007 © TF1/LCI

Le ton monte entre Pékin et le dalaï lama. Mardi, le Premier ministre chinois a accusé "la clique du dalaï-lama" d'avoir organisé les troubles au Tibet. "Nous avons les preuves, et les faits sont avérés que ces incidents ont été fomentés et organisés par la clique du dalaï lama", a-t-il affirmé à propos des émeutes de Lhassa la semaine dernière. "Cela montre que la revendication de la clique du dalaï lama de ne 'pas rechercher l'indépendance et un dialogue pacifique' est un mensonge", a-t-il assuré.

Le Premier ministre chinois Wen Jiabao a ajouté que le dalaï lama devait renoncer à l'indépendance pour qu'un dialogue s'instaure entre la Chine et le leader spirituel des Tibétains.

"Indépendance pas à l'ordre du jour"

Peu après ces accusations, le dalaï lama a assuré qu'il n'avait pas de prise sur les violences qui ont sécoué le Tibet. "Ne commettez pas de violences, c'est mal. La violence est contraire à la nature humaine. La violence est presque un suicide. Même si un millier de Tibétains sacrifiaient leur vie, cela n'y ferait rien", a-t-il déclaré. Il a aussi menacé de quitter sa charge de chef spirituel du bouddhisme tibétain si la situation se dégradait et a également appelé Tibétains et Chinois à vivre "côte à côte" réaffirmant que la question de l'indépendance n'était "pas à l'ordre du jour", lors d'une entrevue avec des journalistes.

"Si les passions des deux côtés s'apaisent, nous pourrons travailler", a-t-il encore dit. Le dalaï lama a renoncé à revendiquer l'indépendance du Tibet et adopté une approche dite de la "voie moyenne" consistant à réclamer une simple autonomie culturelle pour son pays. 

Nouvelles violences au Gansu 

Dix-neuf manifestants tibétains ont été tués par balles mardi dans la province chinoise du Gansu (nord-ouest), a annoncé le gouvernement tibétain en exil, avançant un bilan "confirmé" de 99 morts au total depuis la semaine dernière dans les violences. "Cela s'est passé à l'extérieur de Lhassa. Dix-neuf personnes ont été tuées  à Machu, dans la province du Gansu. Il y a eu une manifestation ce matin à Machu et la police a tiré sur eux", a déclaré Thubten Samphel, porte-parole de l'administration tibétaine en exil. Au total, "le chiffre de 80 tués à Lhassa au cours des derniers jours a été confirmé auquel s'ajoutent les 19 morts d'aujourd'hui", a-t-il ajouté.

Les émeutes de Lhassa avaient fait 13 morts, vendredi, selon un bilan officiel. Les Tibétains en exil parlent de 100 morts voire de centaines. A la suite des violences meurtrières de la semaine dernière à Lhassa, des voix se sont élevées à l'étranger pour demander un dialogue entre la Chine et le Prix Nobel de la Paix en exil, notamment celle de la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice. 

Mardi, Paris a appellé Pékin à engager un dialogue direct avec le dalaï lama. "A nouveau, nous appelons les autorités chinoises à la retenue, à engager un dialogue direct avec le dalaï lama", a déclaré Rama Yade, mardi sur Europe 1, ajoutant : "Le dalaï lama n'est pas un extrémiste, il plaide pour la voie moyenne, il ne plaide pas pour l'indépendance". "L'interlocuteur, c'est le dalaï lama", a-t-elle insisté (voir la vidéo).

(D'après agence)

le 18 mars 2008 à 07:28
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