Rama Yade à l'Assemblée Au lendemain de la cérémonie d'allumage de la flamme, perturbée par trois militants de Reporter sans frontières (lire notre article), la secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme Rama Yade se déclare prête à recevoir le dalaï lama s'il vient en France. "Les portes de notre pays lui seront toujours ouvertes. S'il fait une visite pastorale, je le recevrai volontiers et sans aucune réserve", explique Rama Yade. "Le président de la République prendra une décision le moment venu", rapporte-t-elle dans les colonnes du quotidien, soulignant que "l'urgence est que les émissaires du dalaï lama rencontrent les autorités chinoises". Interrogée sur sa venue à la cérémonie d'ouverture des JO à Pékin, Rama Yade répond : "Si la situation empire, je me vois mal, à titre personnel, assister à cette manifestation sportive sans réagir".
Bernard Kouchner a répété quant à lui sur Europe 1 mardi matin que la France n'est pas favorable à un boycott des Jeux Olympiques. "Cette répression n'est pas supportable", a-t-il déclaré, interrogé sur l'appel que lui a lancé l'ancien ministre socialiste Jack Lang à "sortir de sa réserve" sur le Tibet. "Personne ne réclame, surtout pas le dalaï lama, le boycott des Jeux Olympiques", a toutefois rappelé le ministre des Affaires étrangères en estimant à nouveau qu'il ne faut pas être "plus tibétain que le dalaï lama".
Selon Le Dauphiné Libéré, Hervé Mariton (UMP) qui est membre du groupe d'études sur le Tibet à l'Assemblée nationale a parlé de la "prudence excessive de la diplomatie". "Il faut que le contrôle exercé par le Parlement incite le Gouvernement à être plus ferme. J'espère que d'ici les Jeux olympiques une position ferme sera prise. La communauté internationale doit imposer un certain nombre d'exigences".
Appel à la retenue
Dimanche, Nicolas Sarkozy a adressé à son homologue chinois Hu Jintao un message appelant à "la retenue et à la fin des violences par le dialogue au Tibet" (lire notre article). "Contrairement à ce que l'opposition essaie d'insinuer, le président de la République n'a pas mis le drapeau des droits de l'Homme dans sa poche pour des raisons commerciales. Sa réaction est je crois à la hauteur des attentes", déclare la secrétaire d'Etat.
La France était restée jusque-là très en retrait sur la situation au Tibet. A l'inverse, le Premier ministre britannique Gordon Brown s'est déclaré la semaine dernière prêt à rencontrer le dalaï lama, accusé par Pékin d'être à l'origine des manifestations de Lhassa, et Berlin avait gelé ses pourparlers avec la Chine en matière de développement économique.
De son côté, le dalaï lama a de nouveau menacé mardi de quitter sa charge de chef spirituel du bouddhisme tibétain si de nouvelles manifestations anti-chinoises violentes se produisaient en Chine ou à l'étranger.
| Environ 140 morts selon le gouvernement tibétain en exil |
Environ 140 personnes ont été tuées lors de la répression par la Chine de manifestations au Tibet, a affirmé mardi en Inde le Premier ministre du gouvernement tibétain en exil. "C'est le bilan arrêté lundi soir et qui inclut l'ensemble du Tibet". Un précédent bilan communiqué lundi matin par M. Rinpoche et qualifié de son aveu "d'invérifiable", faisait état de 130 morts. |
(D'après agence)
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