Les Jeux Olympiques de Pékin © TF1/LCILa Chine faisait partie, en 2007 et en 2005, des "pires violateurs des droits de l'Homme dans le monde" aux yeux des Américains. Mais, à l'approche de JO de Pékin, les Etats-Unis ont retiré mardi la Chine de leur liste des pires violateurs des droits de l'Homme, tout en notant que le régime chinois continue à "harceler", "emprisonner" et "torturer".
La Chine est donc reléguée en cette année de Jeux Olympiques au rang de "pays autoritaire en pleine réforme économique ayant vécu des changements sociaux rapides mais n'ayant pas procédé à des réformes politiques et continuant à nier à ses citoyens les droits de l'Homme et les libertés fondamentales basiques". "Ce rapport est rédigé avec l'espoir qu'aucune partie du monde n'est condamnée à perpétuité à la tyrannie", a déclaré la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, en présentant ces conclusions.
"Un coup de poignard"
Le rapport souligne que le bilan du régime chinois en 2007 est resté "mauvais", faisant état de cas de torture et de contrôle abusif des naissances mais note que le gouvernement a procédé à "plusieurs réformes importantes", notamment l'examen par le parlement chinois de certains aspects de la législation sur la peine de mort. "Le gouvernement a continué à surveiller, harceler, détenir, arrêter et emprisonner des journalistes, des écrivains, des activistes et des avocats ainsi que leurs familles, qui cherchaient pour la plupart à exercer des droits prévus dans la loi", ajoute le rapport. Sur cette deuxième liste figure notamment le Venezuela, le Nigeria, la Thaïlande, le Kenya et l'Egypte.
Pour Sophie Richardson, de l'organisation Human Right Watch (HRW), "ce type de liste n'est pas particulièrement important. Ce qui nous importe, c'est (de savoir) si les rapports du département d'Etat sont complets et suffisamment critiques concernant l'éventail complet des violations des droits de l'Homme". Si cette décision "signifie que le département d'Etat accorde moins d'attention aux violations chroniques des droits de l'Homme en Chine, oui, cela est un problème", a-t-elle ajouté. "La décision de Washington survient au plus mauvais moment, alors que la situation se dégrade avant les JO", a déploré de son côté Reporters sans frontières (RSF) à Washington. "C'est un coup de poignard dans le dos des organisations qui militent pour des améliorations dans le domaine des droits de l'Homme à cinq mois des JO", a estiméRSF.
Quatre pays s'améliorent
Parmi les "pires violateurs des droits de l'Homme dans le monde", les Etats-Unis ont ajouté la Syrie, le Soudan et l'Ouzbékistan. Dans son rapport annuel sur les droits de l'Homme, publié par le département d'Etat, Washington cite 10 pays dans lesquels le pouvoir est resté en 2007 "concentré entre les mains de dirigeants n'ayant aucun compte à rendre" : la Corée du Nord, la Birmanie, l'Iran, la Syrie, le Zimbabwe, Cuba, le Bélarus, l'Ouzbékistan, l'Erythrée et le Soudan.
En revanche, la situation des droits de l'Homme s'est améliorée dans quatre pays au cours de l'année passée : la Mauritanie, le Ghana, le Maroc et Haïti. Ces deux derniers pays avaient déjà reçu un bon point des Etats-Unis pour leurs progrès l'an dernier. Peu ou aucun progrès ont été réalisés au Népal, en Géorgie, au Kirghizstan, en Irak, en Afghanistan ou en Russie, tandis que la situation s'est détériorée au Pakistan, au Bangladesh et au Sri Lanka, selon le département d'Etat.
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