Manifestation anti-française en Chine le 19 avril 2008 © TF1/LCIUne multitude d'appels au boycott de sa marque, suivie de manifestations au cours desquels un drapeau français a même été brûlé vendredi devant un de ses magasins, et encore des manifestations anti-françaises dans 5 villes chinoises samedi (lire notre article)... Depuis 10 jours que la flamme olympique est passée à Paris, Carrefour subit de plein fouet le mouvement patriotique chinois. Mais, ces appels au boycott n'auraient que peu pris. Le président du directoire de l'enseigne, José Luis Duran, affirme, dans le Journal du Dimanche, que mis à part "quelques incidents localisés, nous n'avons pas senti à ce jour d'impact significatif sur le chiffre d'affaires" des 112 hypermarchés que compte en Chine le n°2 mondial de la distribution.
En revanche, pas question de faire l'autruche. La situation en Chine est prise "très au sérieux" par Carrefour, déclare-t-il. Il dément de nouveau "avec la plus grande fermeté" les informations diffusées par les médias chinois selon lesquelles Carrefour aurait soutenu financièrement le dalaï lama, répétant que le groupe entend ne "jamais s'impliquer dans les affaires politiques ou religieuses des pays où il est implanté". Avant d'ajouter : "la situation au Tibet est complexe (...) je ne me permettrais pas de porter de jugement".
"Boycotter les JO serait une erreur", selon lui. Il rappelle que le groupe "a soutenu depuis longtemps la candidature de Pékin". "Les jeux ont été donnés à la Chine pour lui permettre de montrer les progrès qu'elle a accomplis depuis vingt ans. Je ne vois pas pourquoi on lui enlèverait cette opportunité aujourd'hui". "La Chine a une importance stratégique évidente pour Carrefour", a reconnu le président du directoire de Carrefour, avant de préciser que l'enseigne a beaucoup investi dans ce pays, ouvrant une vingtaine d'hypermarchés et avec l'intention de poursuivre à ce rythme cette année.
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