Rama Yade, secrétaire d'Etat aux droits de l'HommeLa secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme Rama Yade précise samedi dans Le Monde que la France posera ses conditions à la présence de Nicolas Sarkozy à la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Pékin en août. "Trois conditions sont indispensables pour qu'il s'y rende : la fin des violences contre la population et la libération des prisonniers politiques, la lumière sur les évènements tibétains et l'ouverture du dialogue avec le dalaï lama", assure-t-elle dans le quotidien. Elle ajoute que Nicolas Sarkozy "prendra sa décision au regard de l'évolution des évènements actuels et s'exprimera après avoir consulté nos partenaires européens, car il parlera alors en tant que président en exercice de l'Union européenne". Nicolas Sarkozy avait laissé ouverte, fin mars à Londres, la possibilité de boycotter la cérémonie d'ouverture des jeux. "En fonction de la situation au Tibet, je me réserverai le droit de dire si je vais ou non à la cérémonie d'ouverture", avait-il déclaré.
La France demande notamment que la Chine entreprenne un dialogue réellement constructif avec le dalaï lama "sur la reconnaissance de l'autonomie tibétaine et de l'identité spirituelle, religieuse et culturelle des Tibétains", précise-t-elle dans le quotidien. "A ce jour, la Chine a mené une politique d'assimilation en colonisant les zones tibétaines, ce qui a marginalisé sa population. On assiste aussi à la folklorisation de la culture tibétaine et l'enseignement du tibétain est battu en brèche. Enfin, rien que pour 2007, on compte 132 moines arrêtés pour des motifs politiques", a souligné Rama Yade, qui avait assuré fin mars qu'elle était prête à recevoir le dalaï lama s'il vient en France.
L'Elysée : pas de commentaires
La secrétaire d'Etat demande, toujours dans Le Monde, "la remise en liberté immédiate de Hu Jia", dissident chinois condamné cette semaine à trois ans et demi de prison pour tentative de subversion du pouvoir de l'Etat, après avoir publié des articles critiques sur l'internet et accordé des entretiens à la presse étrangère. "C'est une vrai déception pour nous alors que nous avions multiplié les démarches en sa faveur", a-t-elle déclaré. "La Chine sans les droits de l'homme ne sera jamais une véritable grande puissance", conclut Rama Yade dans Le Monde.
Du côté de l'Elysée, on se refuse à tout commentaire. L'entourage du chef de l'Etat renvoie aux déclarations de Nicolas Sarkozy le 25 mars. A Tarbes, il avait déclaré que "toutes les options étaient ouvertes" sur un éventuel boycott de la cérémonie d'ouverture des JO de Pékin. "En fonction de l'évolution des choses, je verrai ce qu'il y a lieu de faire quant à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques et quant à l'évolution de nos relations", avait-il dit.
"Un pas en avant" pour RSF |
L'annonce par la secrétaire d'Etat aux Droits constitue "un pas en avant", a estimé samedi le secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF), Robert Ménard. "C'est important qu'elle ait dit cela. Cela montre que les choses sont en train de bouger du côté des autorités françaises", a-t-il déclaré. Maix Robert Ménard a estimé qu'il sera "difficile" de mettre ces conditions en oeuvre. "Je crois que les autorités chinoises ne sont pas entrées dans une logique d'apaisement. Actuellement, ce n'est pas ce qu'il me semble. Aujourd'hui, les JO, on ne cesse de le dire, ce n'est pas que le Tibet, c'est la Chine. Depuis le début on a dit qu'il (Nicolas Sarkozy) ne doit pas y aller s'il n'y a pas libération d'un certain nombre de prisonniers politiques", a-t-il indiqué. |
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...




