Des "conditions" qui passent mal

le 05 avril 2008 à 17h10 , mis à jour le 05 avril 2008 à 21h14

"Cérémonie d'ouverture : Rama Yade pose les trois conditions de la France". Ce sous-titre du Monde suscite le démenti de la secrétaire d'Etat et la prudence de l'Elysée.

La Une du Monde sur la cérémonie d'ouverture des JO (5 avril 2008)La Une du Monde sur la cérémonie d'ouverture des JO (5 avril 2008) © DR

Qu'a dit exactement Rama Yade au journaliste du Monde ?  A-t-elle, ou n'a-t-elle pas, évoqué des conditions à la présence de Nicolas Sarkozy à la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Pékin, le 8 août ? La secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme dément. Selon Europe 1, qui dit l'avoir eue au téléphone, elle récuse ce terme de "conditions" et assure que le journal a interprété ses propos. "Les trois points cités dans le journal sont des souhaits formulés par son cabinet, qui ne s'appliquent pas au chef de l'Etat", a ajouté la radio. Dans un communiqué diffusé peu après, la secrétaire d'Etat a enfoncé le clou : "Je tiens à indiquer que lors de l'entretien que j'ai donné à un journaliste du Monde pour son édition du 6 avril 2008, le terme de conditions n'a pas été employé". Le Monde assure de son côté "avoir fidèlement retranscrit les propos de Rama Yade".

Dans l'interview de la secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme publiée samedi par Le Monde, on pouvait lire que le chef de l'Etat "prendra sa décision au regard de l'évolution des événements actuels et s'exprimera après avoir consulté nos partenaires européens, car il parlera alors en tant que président en exercice de l'Union européenne". Et la suite de ces propos retranscris par Le Monde précisait : "Néanmoins, trois conditions sont indispensables pour qu'il s'y rende : la fin des violences contre la population et la libération des prisonniers politiques, la lumière sur les événements tibétains et l'ouverture du dialogue avec le dalaï-lama".

"J'aimerais plutôt être à Dharamsala"

On pouvait lire encore dans Le Monde que, selon Rama Yade, le dialogue avec le chef spirituel des Tibétains devrait porter sur "la reconnaissance de l'autonomie tibétaine et de l'identité spirituelle, religieuse et culturelle" du peuple tibétain. Priée par ailleurs de dire si elle serait sur le parcours de la flamme olympique lundi à Paris, Rama Yade répondait, selon la transcription de l'entretien publiée par Le Monde, que ce rôle revient traditionnellement aux ministres des Sports, en l'occurrence Bernard Laporte et Roselyne Bachelot, avant d'ajouter : "Moi, aujourd'hui, j'aimerais plutôt être à Dharamsala" (ville du nord de l'Inde où vit en exil le dalaï-lama).

Selon Europe 1, avant le démenti de Rama Yade, l'Elysée avait déjà fait savoir que cette déclaration n'engageait pas le président de la République, sans pour autant se désolidariser de la secrétaire d'Etat aux droits de l'homme. De son côté, le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a déclaré samedi soir sur France 2 que la France ne pose "pas de conditions" à la Chine pour que Nicolas Sarkozy participe à la cérémonie d'ouverture, mais il ajoute qu'"en fonction de l'évolution le président décidera".

Lors d'une conférence de presse à Paris, Robert Ménard, président de Reporters sans Frontières qui est en première ligne pour demander que les dirigeants politiques du monde entier n'assistent pas à la cérémonie d'ouverture, est revenu sur le démenti de Rama Yade. "J'aurais aimé que la secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme ait tenu ces propos, et que ces conditions aient été exigées, mais pour l'instant je ne peux pas commenter des déclarations qui n'ont visiblement pas été tenues".

D'après agence

le 05 avril 2008 à 17:10
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