© AFPNargis pourrait être l'un des cyclones les plus meurtriers de l'histoire. L'organisation humanitaire Save the Children a dressé un bilan de la situation sur place qui fait froid dans le dos : confirmant les informations des autorités birmanes, Save the Children avance que les 41.000 personnes portées disparues seraient mortes après le passage du cyclone. L'ONG affirme également que plusieurs millions de personnes sont sans-abri. Tandis que l'Onu avance le chiffre de plus d'un millions de sans-abris, l'ONG s'interroge : "combien de millions, nous ne le savons pas", a déclaré le directeur pour la Birmanie de Save the Children, organisation très active dans ce pays.
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La dernière campagne du Samu social est une vidéo réalisée par des SDF ayant filmé leur galère quotidienne grâce à des microcaméras intégrées à leurs lunettes. Ou Vis ma vie de sans-abri en temps réel.
Publié le 23/04/2010
Save the Children a collecté des informations terribles du delta de l'Irrawaddy (sud-ouest), la région la plus affectée. "Une équipe a vu des milliers de morts dans une localité, avec des amas de corps en décomposition après le retrait de l'eau", a-t-il indiqué. Des images satellitaires de la NASA montrent de vastes étendues de champs inondés et Rangoun entourée par les eaux. Tout le delta a été dévasté, selon les prises de vue de la télévision d'Etat birmane: des bateaux ont été emportés, des maisons détruites et d'énormes arbres déracinés.
Les humanitaires bloqués par leur visa
Malgré l'ampleur de la catastrophe, les autorités birmanes ont maintenu un référendum prévu samedi sur une nouvelle Constitution. Le parti de l'opposante birmane Aung San Suu Kyi a jugé "totalement inacceptable" cette position, dénonçant un manque de "respect pour les difficultés auxquelles la population est confrontée" et l'absence d'une "aide efficace aux victimes". L'envoyé spécial de l'Union européenne a, lui, estimé qu'il serait "sage" de reporter la consultation. La polémique sur l'opportunité de maintenir le referendum est intervenue alors que les services météorologiques indiens ont affirmé avoir averti la Birmanie de l'arrivée du cyclone 48 h avant qu'il ne s'abatte sur le pays. (Lire notre article).
Les appels à la junte birmane se sont aussi multipliés pour qu'elle laisse la communauté internationale venir en aide aux sans-abri. Le président Bush s'est dit prêt à envoyer des moyens de l'US Navy dans le pays et annoncé une aide de 3 millions de dollars. Plusieurs autres pays ont offert leur aide, l'Union européenne a enjoint les autorités birmanes à "faire tous les efforts possibles pour coopérer" avec les organisations humanitaires. La Fédération internationale de la Croix-Rouge a elle lancé un appel d'urgence, demandant près de 4 millions d'euros pour financer l'achat de fournitures de secours. De son côté, Nicolas Sarkozy recevra vendredi Jane Birkin et des représentants d'ONG pour évoquer les possibilités d'y acheminer l'aide humanitaire française, a annoncé mercredi l'Elysée.
La junte au pouvoir a accepté l'idée d'une aide internationale tout en y mettant des conditions, notamment en obligeant les "experts étrangers à négocier avec le ministère des Affaires étrangères et les plus hautes instances" du pays. De nombreuses équipes d'humanitaires étaient toujours en attente de visa mercredi, même si la junte donné leur feu vert à un avion transportant du matériel d'aide humanitaire, pour venir en aide aux victimes. Le cyclone Nargis, qui venait du Golfe du Bengale avec des rafales de vent atteignant 200 km/h, a frappé de plein fouet l'Irrawaddy tard vendredi soir avant de poursuivre sa progression vers l'est samedi.
Un journaliste de la BBC refoulé de Birmanie |
Un journaliste britannique de la BBC, Andrew Harding, venu en Birmanie pour couvrir les suites du cyclone meurtrier Nargis, a été refoulé pour avoir "enfreint la réglementation sur les visas", a annoncé mercredi le quotidien officiel New Light of Myanmar. Le régime militaire birman a accusé le journaliste de télévision d'avoir cherché à entrer dans le pays avec un "visa de touriste". Il était arrivé lundi à Rangoun sur un vol de la Thai Airways et a été contraint de repartir à bord du même avion après avoir été refoulé de Birmanie, a précisé le journal. Selon les autorités, Andrew Harding était déjà entré à deux reprises en 2006 et 2007 en Birmanie avec des visas de touriste et il figurait sur "une liste noire". Le journaliste avait notamment couvert les manifestations de septembre 2007 conduites par des moines bouddhistes et qui avaient été violemment réprimées par la junte. |
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