© AFP/Khin Maung WinLes ministres des Affaires étrangères français et britannique, Bernard Kouchner et David Miliband, ont appelé jeudi les autorités birmanes à lever toutes les restrictions de distribution d'aide étrangère aux victimes du cyclone Nargis. "Tous les efforts doivent désormais converger vers le secours aux populations, y compris pour prévenir d'autres malheurs, en particulier les épidémies", écrivent-ils dans une tribune publiée par Le Monde. "Nous appelons les autorités birmanes à faciliter le travail des agences des Nations unies et des ONG dans cette tâche", ajoutent-ils. "Même face à l'urgence, même face à l'horreur, il nous faut compter avec les autorités birmanes, dont nous dépendons pour faciliter l'action de la communauté internationale".
Cet appel a été lancé alors que l'aide peine toujours à parvenir aux sinistrés. Loin de détendre les relations entre la Birmanie, l'un des pays les plus fermés au monde, et la communauté internationale, la gestion de la catastrophe par la junte au pouvoir a montré un peu plus au grand jours les difficultés à communiquer avec le régime militaire. Tout en soulignant que la priorité est humanitaire, Bernard Kouchner et David Miliband rappellent d'ailleurs dans leur message commun les "différends" de la communauté internationale avec le régime birman. "Nous nous attellerons (à aider le pays), sans mélanger l'urgence humanitaire du jour et l'exigence démocratique qui nous pousse à agir depuis plusieurs mois pour tenter d'améliorer la situation politique locale, notamment en termes de respect des droits de l'homme", expliquent-ils.
Appels internationaux pour l'ouverture des frontières
L'Onu, qui a débloqué 10 millions de dollars d'urgence, a demandé jeudi à la junte d'autoriser l'entrée dans le pays d'une centaine d'experts pour venir en aide aux victimes du cyclone : seuls quelques spécialistes en évaluation de catastrophe des Nations unies ont pour l'heure reçu l'autorisation de se rendre à Rangoun. Selon un haut responsable de l'Onu, le secrétaire général de l'organisation est revenu à la charge jeudi en tentant de négocier directement avec le chef de la junte un accès pour l'aide étrangère. L'Association des nations d'Asie du Sud-Est (ASEAN) a lancé un appel à l'ouverture des frontières "avant qu'il ne soit trop tard". Le département d'Etat américain a appelé les voisins de la Birmanie "à user de leur influence" pour permettre aux équipes de secours d'entrer dans le pays sinistré par un cyclone meurtrier. La Chine dit "espérer" que la Birmanie "coopérera avec la communauté internationale".
De son côté, la Commission européenne a indiqué jeudi qu'elle pourrait débloquer "jusqu'à 30 millions d'euros d'aide et au-delà" si les autorités birmanes autorisent l'accès de l'aide humanitaire. Les Etats-Unis ont eux affirmé qu'ils négociaient avec le gouvernement birman pour que l'aide humanitaire puisse être acheminée le plus vite possible. Faute de quoi, ils pourraient procéder à des largages d'aide sans autorisation.
Dénonçant le régime birman, une "catastrophe dans la catastrophe" selon lui, Bernard Kouchner avait déjà évoqué mercredi la possibilité de saisir le Conseil de sécurité des Nations unies pour forcer Rangoun à laisser entrer l'aide. Mais l'ambassadeur de France à l'Onu n'a pas obtenu que le Conseil discute de la situation, du fait de l'opposition de certains Etats membres qu'il n'a pas identifiés.
D'après agence
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