Appels internationaux pour l'ouverture des frontières

le 08 mai 2008 à 12h09 , mis à jour le 08 mai 2008 à 20h56

Le secrétaire général de l'Onu tente de négocier avec le chef de la junte birmane. Bernard Kouchner et son homologue britannique ont signé une tribune commune.

[Expiré] [Expiré] cyclone Nargis Birmanie © AFP/Khin Maung Win

Les ministres des Affaires étrangères français et britannique, Bernard Kouchner et David Miliband, ont appelé jeudi les autorités birmanes à lever toutes les restrictions de distribution d'aide étrangère aux victimes du cyclone Nargis. "Tous les efforts doivent désormais converger vers le secours aux populations, y compris pour prévenir d'autres malheurs, en particulier les épidémies", écrivent-ils dans une tribune publiée par Le Monde. "Nous appelons les autorités birmanes à faciliter le travail des agences des Nations unies et des ONG dans cette tâche", ajoutent-ils. "Même face à l'urgence, même face à l'horreur, il nous faut compter avec les autorités birmanes, dont nous dépendons pour faciliter l'action de la communauté internationale".

Cet appel a été lancé alors que l'aide peine toujours à parvenir aux sinistrés. Loin de détendre les relations entre la Birmanie, l'un des pays les plus fermés au monde, et la communauté internationale, la gestion de la catastrophe par la junte au pouvoir a montré un peu plus au grand jours les difficultés à communiquer avec le régime militaire. Tout en soulignant que la priorité est humanitaire, Bernard Kouchner et David Miliband rappellent d'ailleurs dans leur message commun les "différends" de la communauté internationale avec le régime birman. "Nous nous attellerons (à aider le pays), sans mélanger l'urgence humanitaire du jour et l'exigence démocratique qui nous pousse à agir depuis plusieurs mois pour tenter d'améliorer la situation politique locale, notamment en termes de respect des droits de l'homme", expliquent-ils.

Appels internationaux pour l'ouverture des frontières

L'Onu, qui a débloqué 10 millions de dollars d'urgence,  a demandé jeudi à la junte d'autoriser l'entrée dans le pays d'une centaine d'experts pour venir en aide aux victimes du cyclone : seuls quelques spécialistes en évaluation de catastrophe des Nations unies ont pour l'heure reçu l'autorisation de se rendre à Rangoun. Selon un haut responsable de l'Onu, le secrétaire général de l'organisation est revenu à la charge jeudi en tentant de négocier directement avec le chef de la junte un accès pour l'aide étrangère. L'Association des nations d'Asie du Sud-Est (ASEAN) a lancé un appel à l'ouverture des frontières "avant  qu'il ne soit trop tard". Le département d'Etat américain a appelé les voisins de la Birmanie "à user de leur influence" pour permettre aux équipes de secours d'entrer dans  le pays sinistré par un cyclone meurtrier. La Chine dit "espérer" que la Birmanie "coopérera avec la communauté internationale".

De son côté, la Commission européenne a indiqué jeudi qu'elle pourrait débloquer "jusqu'à 30 millions d'euros d'aide et au-delà" si les autorités birmanes autorisent l'accès de l'aide humanitaire. Les Etats-Unis ont eux affirmé qu'ils négociaient avec le gouvernement birman pour que l'aide humanitaire puisse être acheminée le plus vite possible. Faute de quoi, ils pourraient procéder à des largages d'aide sans autorisation.

Dénonçant le régime birman, une "catastrophe dans la catastrophe" selon lui, Bernard Kouchner avait déjà évoqué mercredi la possibilité de saisir le Conseil de sécurité des Nations unies pour forcer Rangoun à laisser entrer  l'aide. Mais l'ambassadeur de France à l'Onu n'a pas obtenu que  le Conseil discute de la situation, du fait de l'opposition de certains Etats membres qu'il n'a pas identifiés.

D'après agence

le 08 mai 2008 à 12:09
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1 Commentaires

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  • Marie, le 08/05/2008 à 20h53

    La junte militaire, pour conserver le pouvoir, doit maintenir la population dans un état de docilité permanente. Cela passe par une communication interne où seule l'armée Birmane peut "aider". Je ne pense pas que la junte souhaite la mort de toute la population. Ils seraient ravis d'avoir l'aide tout de suite. Ce qu'ils ne veulent pas ce sont les humanitaires! L'arrivée massive d'étrangers, même si ce sont des ONG, ouvre la porte à l'arrivée massive d'information sur la vie dans le reste du monde. C'est trop risqué pour le gouverment Birman. Le largage de paquets depuis le ciel semble être la bonne idée pour le moment.

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