Le bilan pourrait nettement dépasser 100.000 morts

le 09 mai 2008 à 06h22 , mis à jour le 09 mai 2008 à 20h57

Outre les victimes déjà recensées, il y aurait deux fois plus de sinistrés en danger après le cyclone Nargis qu'il n'y en avait en 2004 après le tsunami.

[Expiré] [Expiré] Birmanie © AFP

Le bilan du passage du cyclone Nargis en Birmanie pourrait très nettement dépasser les 100.000 morts, en raison de la grande vulnérabilité des sinistrés, a estimé vendredi l'ambassadeur du Royaume-Uni dans ce pays. "Le chiffre que nous avons maintenant de sources fiables pour le nombre des morts et des disparus se situe entre 63.000 et 100.000", a-t-il affirmé depuis Rangoun - alors que le dernier bilan officiel provisoire faisait état de 23.000 morts et plus de 42.000 disparus.

Mais outre ce décalage avec les estimations officielles, l'ambassadeur a souligné que "ces chiffres pourraient augmenter de manière vraiment dramatique car nous savons aussi qu'entre 1,2 et 1,9 million de personnes sont actuellement vulnérables". Ce qui correspond à une population en danger "qui atteint le double de celle du tsunami" de 2004, a-t-il noté. Le bilan final de cette catastrophe s'était alors établi à 220.000 morts recensés dans douze pays, dont l'Indonésie, le Sri Lanka, l'Inde et la Thaïlande, sans compter les milliers de cadavres non identifiés enterrés à la hâte dans des sépultures collectives. Et la situation en Birmanie pourrait empirer, en raison des fortes pluies prévues dans les jours qui viennent. Face au drame, les promesses d'aide affluent et l'Onu a lancé vendredi soir un appel aux dons d'urgence de 187 millions de dollars. Pourtant, la junte birmane biaise, accordant des autorisations et les retirant dans la foulée, soucieuse de gérer elle-même les aides matérielles et financières promises.

La junte accepte l'aide américaine

Deux cents spécialistes de l'Organisation mondiale de la santé sont toujours bloqués en Thaïlande, attendant le feu vert de la junte. Les autorités ont même refoulé deux des quatre employés de l'Onu disposant de laissez-passer des Nations unies, envoyés par le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'Onu. Et devant la saisie de ses cargaisons d'aide, le Programme alimentaire mondial (Pam) a décidé de suspendre pour quelques heures ses vols vers la Birmanie, avant d'assurer que les vols reprendraient samedi. Ces tergiversations irritent au plus haut point les humanitaires. "Je suis inquiet parce que d'un côté, nous annonçons le lancement d'une opération de 115 millions de dollars et de l'autre, nous ne parvenons pas à livrer 38 tonnes de biscuits", s'est emporté vendredi le directeur du Pam pour l'Asie.

La communauté internationale tente toujours de faire céder la junte : les Etats-Unis notamment ont affirmé être prêts à procéder à des largages non autorisés sur le pays. Une menace peut-être payante, puisque la télévision d'Etat a assuré vendredi que la junte birmane accepterait une aide d'urgence des Etats-Unis... sans mentionner les autres pays. Qu'en sera-t-il par exemple de la France, qui compte envoyer dans les prochaines heures un bateau de la marine nationale chargé de 1500 tonnes de produits et de matériels pour aider les sinistrés ? Le représentant permanent de Rangoun aux Nations Unies Kyaw Tint a toutefois assuré vendredi que la Birmanie était prête à recevoir une aide en provenance "de tous les pays", sans plus de précision.

Ces déclarations, en l'absence d'un nouveau revirement des autorités birmanes, pourraient en tout cas confirmer ce qu'assurait récemment le ministre thaïlandais des Affaires étrangères : ayant parlé à son homologue birman, il estimait que la junte était en train de devenir "plus flexible" à propos de l'aide étrangère aux victimes. Mais le pouvoir birman a peut-être aussi d'autres problèmes à affronter : les témoignages de désertions au sein de l'armée et de départs de fonctionnaires soucieux d'aider leurs proches se multiplient. L'indifférence manifestée par le régime de Rangoun vis-à-vis du sort de sa population pourrait se retourner contre lui.

D'après agence

La junte maintient toujours le référendum

Le parti de l'opposante birmane Aung San Suu Kyi  a pressé vendredi le régime militaire de reporter le référendum constitutionnel toujours prévu samedi. La junte birmane a reporté le scrutin au 24 mai dans 47 municipalités  affectées par le cyclone, notamment dans les régions de Rangoun et de  l'Irrawaddy (sud), mais l'a maintenu pour samedi partout ailleurs dans le pays. Selon les généraux au pouvoir, l'adoption d'une nouvelle Constitution  ouvrira la voie à des "élections multipartites" en 2010. Mais, selon des  opposants, le texte vise au contraire à renforcer et à pérenniser le poids de  l'armée dans la conduite des affaires de l'Etat. L'armée est au pouvoir depuis 1962 en Birmanie.

le 09 mai 2008 à 06:22
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3 Commentaires

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  • JEAN CLAUDE BOCCHINI, le 10/05/2008 à 03h46

    Sans vouloir minimiser la realite tragique de cette catastrophe,je m demande d'ou viennent cs chiffres "spectaculaires" ? Il y a tres peu de communications, les pouvoirs civils, si l'on peut dire, sont desorganises,les ONG sur place n'ont aucun moyen d'analyse et de verifications. Bien sur, 100 000 c'est un chiffre qui impressionne.... je n'y crois pas.

  • Philippe, le 10/05/2008 à 02h17

    Les victimes de l'ouragan Katrina peuvent témoigner de l'efficacité des secours aux etats unis, messieurs balayez devant votre porte.

  • Ryokan, le 09/05/2008 à 23h11

    C'est effectivement le moment de casser cette dictature et peut etre expulser ce régime militaire qui préfère se fermer à l'aide internationale plutot qu'aider sa propre population cette situation les dépasse, ils ne veulent pas montrer le vrai état du pays, exangue et pauvre depuis des années alors que le gaz est exploité sans fin, mais la population ne tire aucun bénéfice

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