Des parents apprennent que leurs enfants sont parmi les victimes du séisme au Sichuan © TF1/LCIDans les régions frappées par le séisme, les secouristes continuent à fouiller, souvent à mains nues, des villes entièrement détruites. Jeudi, une fillette de 11 ans a ainsi été sauvée après avoir passé 68 heures sous les décombres de son école à Yingxiu, épicentre du séisme (cliquez ici pour lire l'article).
Le bilan est pour l'instant de 19.500 morts selon le dernier bilan des autorités provinciales, mais il devrait s'alourdir. Selon le gouvernement chinois, cité par la télévision d'Etat, 50.000 personnes pourraient en effet avoir trouvé la mort dans le séisme qui a frappé lundi le sud-ouest du pays. Le Comité permanent du Parti communiste chinois s'est réuni mercredi soir pour évaluer la situation. Alors que la catastrophe a jeté une ombre sur les préparatifs en vue des Jeux olympiques de Pékin, en août, la direction du Parti communiste a demandé aux autorités de "garantir la stabilité sociale", le séisme de lundi, d'une magnitude de 7,9 degrés, ayant suscité des rumeurs de fuites chimiques, des inquiétudes quant à d'éventuelles ruptures de barrages et des scènes poignantes de deuil collectif.
Certaines de ces inquiétudes semblent pourtant justifiées. Un ministre a ainsi reconnu ce jeudi que le pays rencontre de "sérieux problèmes" sur la sécurité des installations hydrauliques dans le sud-ouest après le séisme. Les autorités chinoises ont détecté des risques de sécurité dans plus de 400 réservoirs d'eau de cinq provinces et d'une municipalité autonome. Des glissements de terrain ont par ailleurs changé le cours de deux fleuves dans le comté de Qingchuan, dans le nord du Sichuan, et un lac géant s'est formé dans cette région où un millier de personnes sont mortes et 700 ensevelies, selon l'agence Chine nouvelle. "La hausse du niveau de l'eau pourrait entraîner un effondrement des parois montagneuses. Nous avons désespérément besoin de géologues pour procéder à des examens et mettre en place un plan de secours", a déclaré Li Hao, chef du PCC dans ce comté, cité par Chine nouvelle.
30.000 hommes et une centaine d'hélicoptères à la rescousse
La région dévastée abrite en outre le principal laboratoire de recherche chinois sur les armes atomiques, à Mianyang, ainsi que plusieurs sites nucléaires secrets, mais pas de centrales nucléaires. L'entreprise nationale chinoise d'ingéniérie nucléaire a fait savoir que six de ses sites dans le Sichuan avaient été endommagés par le séisme, et six de ses employés tués. Un site a dû cesser ses activités et les ouvriers ont été évacués.
Les autorités chinoises ont décidé de déployer 90 hélicoptères et 30.000 hommes supplémentaires dans les zones du sud-ouest ravagées par le séisme, faisant de l'assistance aux victimes une priorité absolue. L'armée compte larguer 50.000 paquets de vivres et des grandes quantités de matériels sur des districts sinistrés. La Chine s'ouvre par ailleurs aux experts étrangers, alors que les autorités avaient jusqu'ici décliné toutes les offres en la matière, en avançant des problèmes logistiques : les premiers spécialistes devraient être une soixantaine de Japonais, qui viennent de recevoir le feu vert de Pékin. Une trentaine de volontaires taïwanais, notamment des médecins appartenant à des organisations bouddhistes, se sont déjà envolés pour le Sichuan. L'Australie et la Corée du sud tiennent également des équipes de spécialistes prêtes à partir.
D'ores et déjà, les aides financières se montent à plusieurs dizaines de millions de dollars. Le gouvernement britannique a annoncé mercredi qu'il débloquait une aide de 1 million de livres (1,25 million d'euros) pour les victimes. Le groupe de distribution français Carrefour, très présent en Chine, a versé trois millions de yuans (plus de 277.000 euros) d'aide, selon le PDG de Carrefour Chine. Le conglomérat sud-coréenn SK Group a annoncé qu'il allait verser 1,4 million de dollars.
D'après agence
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