Réfugiés après le cyclone en Birmanie (16 mai 2008) © TF1/LCILa junte birmane a exprimé du dépit vendredi devant les maigres engagements financiers de la communauté internationale après le cyclone Nargis. L'organe officiel des généraux, le New Light of Myanmar, s'est vivement étonné que seuls 150 millions de dollars aient été promis par des pays donateurs, alors que la Birmanie a évalué à 11 milliards ses besoins pour la reconstruction.
Qu'importe, écrit le quotidien, "la population de Birmanie est capable de se relever de telles catastrophes naturelles, même sans assistance internationale". Et de donner pour exemple les habitants des zones côtières capables de "facilement se procurer du poisson". "En ce début de mousson, on trouve de grosses grenouilles comestibles en abondance". "Les habitants peuvent survivre en comptant sur eux-mêmes, même s'ils ne reçoivent pas de tablettes de chocolat de la communauté internationale", a dit le quotidien.
Du bambou et des bâches
La junte militaire veut tourner la page du cyclone manu militari. Elle aurait entrepris vendredi d'expulser des familles réfugiées dans d'une quarantaine de camps du gouvernement, apparemment dans le but d'éviter que ces installations ne se pérennisent. "Il vaut mieux qu'ils retournent dans leurs maisons, où ils vivront de façon plus stable", a déclaré un responsable dans l'un des camps. "Ici, ils dépendent des dons, ce n'est pas stable." Les autorités leur ont donné vingt perches de bambou et des bâches afin de les aider à se réinstaller dans le delta de l'Irrawaddy, où le passage du cyclone Nargis, le 2 mai, a fait 134.000 morts et disparus, ainsi que 2,4 millions de sinistrés.
"Etat d'esprit humanitaire"
Les Nations unies estiment que quatre semaines après la catastrophe, moins de la moitié des 2,4 millions de sinistrés a reçu une aide quelconque, que ce soit de la part du gouvernement birman ou des organisations locales et internationales. L'ONU estime que, quatre semaines après le passage de Nargis, environ un million de rescapés ont besoin d'une aide urgente dans le delta de l'Irrawaddy, région restée jusqu'à cette semaine fermée aux équipes de secours étrangères.
Le New Light of Myanmar a également critiqué vendredi, sans la citer, une organisation financière internationale pour avoir refusé de fournir des fonds à la Birmanie. La Banque mondiale avait annoncé le 20 mai qu'elle ne pouvait aider financièrement la Birmanie en raison de la dette accumulée depuis 1998 par ce pays à l'égard de l'institution. Le quotidien officiel birman s'en est pris également aux pays qui maintiennent des sanctions politiques en dépit des destructions causées par le cyclone. "Sont-ils dans un état d'esprit humanitaire?", s'est demandé le journal faisant allusion aux Etats-Unis.
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