Réfugiés après le cyclone en Birmanie (16 mai 2008) © TF1/LCIPour la première fois depuis le 2 mai, des humanitaires étrangers se trouvaient mardi matin dans la région du delta de l'Irrawaddy, au Sud-Ouest de la Birmanie. Six employés étrangers de l'Unicef, basés habituellement à Rangoun, ont en effet été autorisés à rejoindre les équipes birmanes dèjà sur sur place. D'autres organisations de secours, comme Médecins sans frontières (MSF), envoyaient aussi du personnel étranger vers l'Irrawaddy. Leur objectif : venir en aide aux 2,4 millions de sinistrés.
Après trois semaines de propagande sur le thème "la Birmanie s'en sortira seule", le quotidien officiel de la junte a salué mardi le travail des Nations unies qui ont coprésidé une réunion internationale dimanche à Rangoun pour aider le pays à se relever d'une catastrophe qui a fait plus de 133.000 morts et disparus selon le dernier bilan. "L'ONU et ses agences ont entrepris des actions rapides pour mener des missions de secours et de réhabilitation", écrit New Light of Myanmar, contrôlé par le régime militaire. "La distribution de nourriture, de vêtements et d'abris aux victimes sera effectuée avec l'aide de la communauté internationale", ajoute-t-il, avant de conclure : "avec les contributions de l'ONU, de l'Asean (Association des nations de l'Asie du Sud-Est) et de la communauté internationale, nous pensons sincèrement que la réhabilitation des sinistrés se matérialisera bientôt".
Visas
A la conférence internationale de Rangoun, en présence du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, des pays donateurs ont promis dimanche des dizaines de millions de dollars supplémentaires à la Birmanie. Ils ont affirmé qu'ils étaient prêts à faire davantage si la junte honorait son engagement d'ouvrir largement le pays aux équipes étrangères. Ban Ki-moon a d'ailleurs indiqué qu'il souhaitait retourner prochainement en Birmanie pour constater les progrès effectués dans l'aide internationale.
Mais le vrai test du changement d'attitude promis par la junte portera, dans les prochains jours, sur le nombre de visas et la liberté de mouvement qu'elle accordera ou pas aux humanitaires étrangers qui ont subi de sévères restrictions jusqu'à présent. Ban Ki-moon a affirmé vendredi que le numéro un du régime, le généralissime Than Shwe, lui avait garanti que "tous" les humanitaires étrangers pourraient entrer dans le pays, "quelle que soit leur nationalité".
Pour l'instant, même si c'est au compte-goutte, la junte semble tenir ses promesses. "Nous ne sommes plus dans la situation où une foule de gens attendaient de pouvoir entrer dans le pays", reconnaît le Programme alimentaire mondial, un organisme de l'Onu. "On peut difficilement dire qu'il y a eu des avancées spectaculaires. On assiste à une sorte d'ouverture progressive", ajoute Save the Children.
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