La junte accuse la France

le 16 mai 2008 à 21h56 , mis à jour le 17 mai 2008 à 22h42

L'ambassadeur birman aux Nations unies a dénoncé l'envoi d'un "navire de guerre" français - le "Mistral", chargé de 1500 tonnes d'aide humanitaire.

Réfugiés après le cyclone en Birmanie (16 mai 2008)Réfugiés après le cyclone en Birmanie (16 mai 2008) © TF1/LCI

Alors que les gouvernements et ONG du monde entier sont au chevet de la Birmanie, le régime de Rangoon persiste dans sa méfiance et son refus d'accueillir des personnels étrangers. Dernier signe en date de la paranoïa de la junte : l'ambassadeur birman aux Nations unies a accusé vendredi la France d'avoir dépêché "un navire de guerre" au large de ses côtes, ce qu'a catégoriquement démenti le représentant permanent de Paris à l'Onu, Jean-Maurice Ripert. Ce dernier a rapporté l'échange de propos très vifs qui l'a opposé, pendant son discours devant l'assemblée générale, à son homologue birman, Kyaw Tint Swe, après un discours du secrétaire général Ban Ki-moon.

Selon Ripert, le bateau en question - le porte-hélicoptères de la marine française, le Mistral, utilisé de manière ponctuelle dans le cadre de missions humanitaires - a appareillé du port indien de Chennaï (ex-Madras) avec, à son bord, 1500 tonnes d'aide alimentaire et de médicaments destinés aux victimes du cyclone Nargis. Il est arrivé dans la nuit de vendredi à samedi au large des côtes birmanes sans qu'un accord soit encore intervenu sur la délivrance du fret humanitaire dont il est chargé.

Timides signes d'ouverture

Malgré cette défiance, la junte donne toutefois de petits gages d'ouverture. Deux semaines après le cyclone Nargis, elle a emmené samedi des diplomates étrangers dans la zone touchée par la catastrophe. Autre signe de légère ouverture, quatre nouveaux avions C-130 américains ont pu atterrir vendredi à Rangoun, permettant à une partie de l'aide américaine d'être livrée, et ce, pour la première fois, directement aux organisations non gouvernementales internationales présentes dans le pays. "Nous voyons réellement une nouvelle tendance, en tout cas aujourd'hui" de la part des autorités birmanes, a souligné le porte-parole du département d'Etat américain, Sean McCormack. Jusque-là, "il y avait de nombreuses interrogations sur le fait de savoir si l'aide que l'on apporte est livrée aux régions touchées".

Depuis la catastrophe le 3 mai dernier, la junte birmane n'a en effet cessé de dire qu'elle acceptait l'aide internationale mais qu'elle entendait garder le contrôle de sa distribution. Depuis, la communauté internationale fait pression sur le régime birman pour qu'il ouvre la porte à une assistance internationale massive afin d'éviter une "deuxième catastrophe" pour les quelque deux millions de sinistrés.

Outre des diplomates étrangers, 80 médecins asiatiques sont arrivés samedi en Birmanie pour porter assistance aux survivants. Mais le représentant en Birmanie de Médecins Sans Frontières, Frank Smithuis, s'est montré plutôt sceptique quant aux "spécialités et capacités" de ce personnel médical asiatique pour pouvoir contribuer aux efforts humanitaires sur place. 

D'après agence

le 16 mai 2008 à 21:56
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