La junte lâche du lest

le 19 mai 2008 à 10h57 , mis à jour le 19 mai 2008 à 22h37

Elle vient d'accepter que les pays asiatiques conduisent les opérations de secours et que le personnel médical intervienne.

birmanie than shwe leaderThan Shwe, le leader de la junte militaire birmane, le 18 mai 2008 © TF1/LCI

Est-ce le coup d'envoi de l'arrivée de l'aide étrangère humanitaire en Birmanie ? Après deux semaines et demi de refus, la junte militaire au pouvoir, sous pression internationale, semble en tout cas avoir fait un premier pas. En accord avec l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (Asean), elle a en effet accepté que ses pairs asiatiques coordonnent l'aide étrangère en faveur des sinistrés. Les travailleurs humanitaires étrangers, notamment le personnel médical, devraient donc être autorisés à entrer dans le pays. Jusqu'à présent, la junte avait accepté l'aide matérielle tout en refusant catégoriquement qu'elle soit distribuée directement par des équipes étrangères, en particulier occidentales. 
 
La junte a également délivré un visa à Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations unies, à qui elle refusait d'adresser la parole jusqu'à présent. Ban Ki-moon doit arriver sur place jeudi (et non mercredi comme annoncé précédemment) et devrait rencontrer Than Shwe, le chef des militaires, dans la foulée. Ban Ki-moon qui a annoncé lundi, avec l'Asean, qu'une conférence d'appel de fonds pour la Birmanie se tiendrait dimanche prochain à Rangoun. En attendant, John Holmes, le secrétaire général adjoint de l'Onu chargé des Affaires humanitaires et coordonnateur des secours d'urgence, se trouve dans le pays depuis dimanche pour préparer le terrain à son chef. Il s'est ainsi rendu lundi dans le delta de l'Irrawaddy avec des représentants du gouvernement birman.

Trois jours de deuil national
 
Par ailleurs, le général Than Shwe est apparu en public pour la première fois depuis la catastrophe. Dimanche, des images de télévision l'ont montré en visite dans des zones touchées par le cyclone ou en train de discuter à Rangoun avec des ministres impliqués dans l'organisation des secours. Puis lundi, le n°1 birman a visité des zones du delta de l'Irrawaddy dévastées.

Dernier indice d'une récente reconnaissance de la situation  : 17 jours après le passage du cyclone, la junte militaire a décrété lundi trois jours de deuil national, de mardi à jeudi, a annoncé lundi la télévision d'Etat birmane. Une annonce qui intervient au moment même où la Chine, voisine et alliée, a commencé lundi un deuil national de trois jours, une semaine après le séisme qui a fait plus de 71.000 morts dans le Sichuan.

le 19 mai 2008 à 10:57
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1 Commentaires

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  • GILBERT, le 19/05/2008 à 13h28

    Le principal maintenant est de ne pas se laisser leurrer par cet "assouplissement" car le mal est déjà fait. Ce revirement ne peut-être que stratégique pour préserver l'avenir. Espérons que les dirigeants des pays démocratiques, "civilisés", et autres se prévalant de la valeur humaine et surtout tous ceux qui veulent encore croire que tout le monde "il est bon il est gentil" ne se laissent pas prendre à cette manoeuvre qui est moins pour secourir les sinistrés que faire croire.

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