Des rescapés du cyclone Nargis © DR
Timide ouverture de la part de la junte au pouvoir. Des experts de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (Asean) ont été autorisés mercredi soir à entrer en Birmanie pour évaluer la situation. Mais, malgré un bilan provisoire officiel d'au moins 38.500 morts et 28.000 disparus, les autorités militaires restreignent toujours l'accès au delta de l'Irrawaddy, région du sud-ouest la plus touchée par le cyclone Nargis, et ont encore refoulé mercredi des étrangers qui s'y rendaient, selon des organisations humanitaires.
Ce, alors même que le secrétaire d'Etat britannique Douglas Alexander, estime lui le bilan à plus de 200.000 morts. Autre chiffre qui témoigne de l'ampleur de la catastrophe, l'ONU a relevé mercredi à 2,5 millions de Birmans son estimation du nombre de sinistrés qui nécessitent une assistance.
Les organisations humanitaires sont furieuses de l'entêtement meurtrier de la junte. Et pour cause : une cinquantaine d'humanitaires étrangers travaillant pour des agences des Nations unies et des ONG attendent toujours l'autorisation d'entrer en Birmanie, ont précisé des responsables onusiens. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a exprimé "sa préoccupation et son immense frustration" devant cette lenteur "inacceptable".
Autre motif de mécontement : les Nations Unies s'inquiètent du possible détournement de l'aide d'urgence aux sinistrés du cyclone Nargis en Birmanie, a déclaré un porte-parole du secrétaire général, Ban Ki-moon, ajoutant qu'un "très petit pourcentage des victimes jusqu'à présent a reçu de l'aide", même si la situation tendrait à s'améliorer. Pour l'instant, le Programme alimentaire mondial (Pam) n'est parvenu à apporter des vivres qu'à 70.000 personnes dans les zones affectées. Preuve d'une réelle déficience à ce niveau, l'ONU a annoncé mercredi qu'il allait réunir dans l'après-midi les représentants de plusieurs pays pour discuter d'une stratégie afin de faire parvenir plus efficacement l'aide humanitaire internationale
Malgré tout, l'aide s'organise. En témoigne le chargement à bord du Mistral, bâtiment de la marine nationale, de l'aide humanitaire destinée aux rescapés qui a débuté mercredi matin à Chennaï en Inde.
Deuxième cyclone ?
De son côté, le commissaire européen au Développement Louis Michel a parlé mercredi d'un risque de "famine" en Birmanie en raison de la destruction par le cyclone Nargis de tous les stocks de riz, dans la région de l'Irrawaddy. Du fait que cette région est "le grenier à riz de Birmanie et que tous les stocks de riz ont été détruits", il y a "un risque de catastrophe au niveau d'une famine", a-t-il déclaré.
Le sentiment d'urgence est renforcé par les prévisions météorologiques qui font état d'une dépression tropicale tourbillonnant au sud-est de Rangoun et qui pourrait se transformer dans les prochaines 24 heures en un deuxième cyclone potentiellement ravageur. Un système de prévention américain a toutefois précisé que les conditions météorologiques ne nécessitaient pas, pour l'heure, de déclencher le niveau d'alerte maximale.
Quoiqu'il en soit, l'arrivée des fortes pluies prévues sur la région de la Birmanie serait "le pire scénario imaginable", s'est alarmée mercredi la Fédération internationale de la Croix-Rouge. Elles pourraient en effet "aggraver sérieusement une situation déjà dramatique pour des centaines de milliers de survivants".
(D'après agence)
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