Les secours en attente de visa aux portes de la Birmanie, le 10 mai 2008 © LCILa France se tient prête à apporter son aide aux victimes du cyclone Nargis, mais pas de n'importe quelle manière. Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a affirmé qu'il n'était "pas question de fournir une aide directe à la junte, même si elle l'accepte", dans un entretien au Figaro publié samedi. "Nous passerons par nos propres canaux, ce qui est sans doute mieux que d'avoir recours à des parachutages de vivres", précise-t-il.
Le ministre a annoncé vendredi l'envoi vers la Birmanie d'un bateau de la marine française, chargé de 1500 tonnes de produits et de matériels. "Les aides seront distribuées directement aux sinistrés par des petits bateaux à fond plat ou par hélicoptères par les personnels du navire ou par les ONG françaises déjà sur place", explique-t-il. Samedi, Nicolas Sarkozy a lui jugé l'immobilisme de la junte "éminemment condamnable".
"Très reconnaissants envers la communauté internationale"
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a lui de nouveau exhorté les autorités birmanes à laisser entrer les humanitaires, avertissant que l'inaction pourrait être "fatale" aux survivants. Réponse de l'ambassadeur birman à l'Onu : son pays a l'intention de "coopérer" avec la communauté internationale "pour faire face à ce grand défi". La Birmanie acceptera de l'aide "d'où qu'elle vienne" pour secourir les personnes affectées par le cyclone, a-t-il ajouté.
Reste à vérifier si ces déclarations seront suivies d'effets sur le terrain. Car pour le moment, il existe une certaine distance entre les déclarations et les décisions des autorités. L'aide humanitaire est toujours bloquée aux frontières et la junte a confisqué deux cargaisons d'aide des Nations unies arrivées par avion, a annoncé samedi le Programme alimentaire mondial de l'Onu. Seul un convoi d'aide des Nations unies par voie terrestre a atteint la Birmanie en provenance de Thaïlande, a annoncé ce matin le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés. L'ONU a par ailleurs lancé à la communauté internationale un appel de fonds de 187 millions de dollars pour venir en aide pendant six mois à plus de 1,5 million de personnes affectées par le cyclone.
D'après agence
Malgré le chaos, on a voté |
Le régime militaire a organisé samedi un référendum sur la nouvelle Constitution, une semaine après un cyclone dévastateur. Le scrutin a été reporté au 24 mai dans les zones les plus affectées de la région de l'Irrawaddy, ainsi que dans la grande ville de Rangoun, mais il a été maintenu partout ailleurs dans le pays. A l'instar de nombreux pays occidentaux, le parti de l'opposante birmane Aung San Suu Kyi avait pressé ces derniers jours la junte de repousser le référendum et de donner la priorité à l'aide aux 1,5 million de sinistrés du cyclone, mais les généraux au pouvoir ont décidé d'aller de l'avant, ne reportant le scrutin que dans 47 municipalités. C'est la première fois que les Birmans sont appelés à voter depuis des élections législatives en mai 1990 qui avaient été très largement remportées par la Ligue nationale pour la démocratie de Aung San Suu Kyi. |
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