Dans le sud-est de la Birmanie, après le passage du cyclone Nargis © TF1-LCI 
> La population plongée dans un total dénuement
> Les 1res images de journalistes français
> Les premières images du passage de Nargis
Une semaine après le passage du dévastateur cyclone Nargis, quelques journalistes ont réussi à passer les frontières birmanes, sous couvert de visas touristiques. L'un d'entre eux racontait dimanche que, sur la route entre Rangoun et le delta de l'Irrawadd, zone la plus ravagée, des milliers de personnes désespérées attendent devant les maisons en ruines l'aide du gouvernement. "Les survivants ont faim et soif, la peur se lit sur leurs visages tirés, de toute évidence, beaucoup n'ont pas mangé depuis plusieurs jours"... et l'assistance n'arrive pas. D'autant que l'aide internationale est toujours freinée par le régime birman, qui refuse notamment que les opérations de secours soient conduites par des étrangers. Les autorités distribueraient un seul bol de riz par famille et par jour, ce sont donc les initiatives qui priment actuellement.
Pourtant, les sinistrés se comptent par centaines de milliers. Entre 1,2 et 2 millions, selon l'ONU, qui indique n'avoir eu accès qu'à 500.000 d'entre eux. Autre bilan qui s'annonce faramineux, celui du nombre de tués. Si la télévision d'Etat a annoncé dimanche que le bilan a été revu à la hausse à 28.458 morts et 33.416 disparus, contre 23.000 morts et 37.000 disparus auparavant, l'ONU évoque 63.000 à 101.000 tués et 220.000 disparus, sur la base d'une évaluation dans 55 zones d'habitations du delta de l'Irrawaddy et d'autres régions frappées par la catastrophe il y a une semaine. L'agence humanitaire de l'ONU s'inquiète aussi des conséquences sur l'environnement du passage de Nargis qui, écrit-elle, "pourraient constituer une menace immédiate pour la vie et la santé", et de phénomènes de migration et de violences "dans les régions les plus durement touchées".
L'aide afflue malgré les blocages
C'est dans ce difficile contexte que la Croix-Rouge a perdu une partie de son aide. L'organisme humanitaire international a annoncé dimanche qu'un de ses bateaux transportant de l'aide en faveur des sinistrés du cyclone Nargis a coulé en Birmanie après avoir heurté un tronc d'arbre dans le delta de l'Irrawaddy. L'organisation ne déplore toutefois aucun blessé et une partie de l'aide a pu être sauvée. Elle sera notamment transportée à pied et à bicyclette à la ville la plus proche. Le bateau, qui avait été loué sur place, transportait 100 sacs de riz, 5.000 litres d'eau potable, 10.000 tablettes de purification d'eau, des vêtements, des ustensiles ménagers, du savon, des gants en caoutchouc, des gants chirurgicaux, des jerrycans et des brancards.
Un avion cargo affrété par la Croix rouge a en revanche pu arriver dimanche matin à Rangoun avec 35 tonnes de matériel, pouvant fournir des soins de santé de base et de l'eau potable à 10.000 personnes. L'arrivée de ces biens et leur transfert au CICR et à la Croix-Rouge de Birmanie ont été facilités par les autorités birmanes, a précisé l'organisation. Car, malgré les blocages, l'aide continue à affluer. Un avion de l'armée de l'air grecque transportant de l'aide est arrivé dimanche à Rangoun. La France a annoncé l'envoi d'un bateau chargé de 1.500 tonnes d'aide attendu en Birmanie d'ici à la fin de la semaine. Un avion affrété par Médecins sans frontières (MSF), avec 35 tonnes de matériels, a quitté samedi la France, mais un appareil de Médecins du monde et de la Croix-Rouge, avec 36 tonnes a, lui, été retardé. MDM a affirmé avoir obtenu de gérer elle-même son aide humanitaire sur place.
Nicolas Sarkozy a dénoncé un régime "éminemment condamnable qui refuse l'aide internationale" et la chancelière allemande Angela Merkel a jugé "inacceptables" les restrictions imposées. Les Etats-Unis ont de leur côté annoncé l'arrivée lundi d'un premier avion militaire transportant de l'aide et se sont abstenus de critiquer l'organisation du référendum constitutionnel de samedi, en soulignant seulement que la junte devait s'atteler aux opérations de secours. Droite dans ses bottes, la junte militaire birmane s'est pour sa part félicité dimanche du "succès" de son référendum (lire notre article). Et ce en dépit des appels internationaux lui demandant de sauver en priorité les sinistrés. Mais, à aucun moment, les médias officiels n'ont évoqué samedi l'une des pires catastrophes de l'histoire récente...
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