© AFPDeux régimes autoritaires touchés par une catastrophe naturelle en Asie à quelques jours d'intervalle. Deux réponses radicalement différentes. En Birmanie, un black-out total après le passage du cyclone Nargis et un refus total ou presque de l'aide internationale. Une situation qui rappelle la réaction de la Chine... en 1976. Alors toujours dirigée par Mao Zedong, elle avait voulu prouver qu'elle était capable de gérer seule la situation après un terrible séisme.
Trente-deux ans plus tard, le régime communiste au pouvoir à Pékin doit encore faire face à une crise humanitaire après un nouveau tremblement de terre dévastateur. Et sa réponse est radicalement différente. Un mot d'ordre semble désormais prévaloir : la transparence. A peine la catastrophe survenue, les médias chinois ont multiplié les annonces, les explications et les bulletins, ne cachant rien du bilan ou des dégâts. Les images ont ainsi été diffusées rapidement, notamment celles du Premier ministre sur place, aussi bien sur les chaînes nationales mais aussi sur les télévisions étrangères.
Internet non bridé
Les journalistes étrangers déjà présents ont pu travailler normalement, sans aucune censure ou presque, allant jusqu'à recueillir des témoignages très critiques sur la gestion des secours. Alors que le web chinois est l'un des plus contrôlés, les internautes pouvaient quant à eux laisser des messages sur les sites occidentaux. Bref, bien loin de l'attitude de la junte birmane qui a bridé au maximum les images, ne diffusant généralement que celles montrant sa réaction, évidemment exemplaire, plutôt que celles des dégâts.
Même attitude pour l'aide internationale. Dix jours après le passage de Nargis, des tonnes de matériel et de nourriture attendent toujours aux frontières birmanes, tout comme le personnel de nombreuses ONG. Malgré la situation, la junte refuse d'entreouvrir, même pour les besoins de son peuple, l'un des pays les plus fermés au monde. De son côté, dès lundi soir, la Chine saluait les propositions d'aide matérielle et humaine. Consciente des risques écologiques, elle annonçait également l'envoi d'experts pour prévenir tout incident dans les installations nucléaires ou chimiques du Sichuan.
Solidarité
Comment expliquer cette transparence ? Tout d'abord, une raison diplomatique. A quelques mois des Jeux olympiques et alors que la polémique sur le Tibet est loin d'être éteinte, Pékin veut ainsi montrer qu'il est désormais ouvert sur le monde et que les reproches occidentaux après les affrontements de Lhassa n'étaient pas justifiés mais dictés par ce qu'il qualifie de propagande. Ensuite, une raison pratique. La population de l'ensemble du pays, abreuvée d'informations, se sent solidaire des sinistrés du Sichuan.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




