Hamid Karzaï et Nicolas Sarkozy à l'Elysée le jeudi 12 juin © TF1/LCIEnviron 80 pays et institutions se retrouvent jeudi à Paris pour aider l'Afghanistan. Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon et Nicolas Sarkozy co-parrainent cette réunion avec Hamid Karzaï, le président afghan. La première dame américaine Laura Bush et la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice seront présentes, ainsi que le représentant spécial de l'ONU en Afghanistan, Kai Eide. Les pays frontaliers de l'Afghanistan seront également présents, notamment l'Iran avec le ministre des Affaires étrangères Manouchehr Mottaki.
Cette conférence veut conjuguer un exercice de collecte de fonds et une réflexion plus politique sur l'aide internationale et les efforts à demander au pouvoir afghan. Le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a estimé fin mai que l'approche actuelle n'a "pas pleinement porté ses fruits", prônant une plus grande implication des Afghans dans l'aide internationale apportée à leur pays. "Il s'agit de dire que la communauté internationale est toujours là", explique un diplomate français. Mais "aussi de faire une analyse lucide de ce qui se fait, de ce qui marche et de ce qui ne marche pas", ajoute-t-il.
Critiques de la Banque mondiale
Sur le plan financier, Washington a évoqué l'espoir de promesses à hauteur de 15 milliards de dollars pour aider ce pays. La secrétaire d'Etat américaine Condolezza Rice a toutefois annoncé dès mercredi, dans l'avion qui la menait à Paris, une contribution américaine de 10 milliards de dollars pour 2008-2009. Des diplomates français préfèrent ne pas donner de chiffre, mais espèrent que les annonces couvriront environ deux ans sur les cinq prévus par le plan de Hamid Karzaï. Selon un rapport fin mars de l'Agence de coordination de l'aide à l'Afghanistan, les pays occidentaux n'ont fourni depuis 2001 que 15 des 25 milliards de dollars d'aide promis. Cette conférence vise aussi, en mettant en avant l'aide civile, à contrer l'image qui progresse dans de nombreuses opinions occidentales d'une guerre lointaine qui s'enlise, dans laquelle 70.000 soldats étrangers seraient engagés sans objectif clair.
Le gouvernement afghan devrait quant à lui mettre l'accent sur les progrès enregistrés depuis six ans, notamment en matière de scolarisation, avec 5,7 millions d'écoliers, dont un tiers de filles, contre 1 million et pratiquement pas de filles en 2001 sous le règne des talibans. Mais d'autres indicateurs sont plus inquiétants pour ce pays confronté à la progression d'une rébellion talibane dans de nombreuses régions. La Banque mondiale a ainsi dénoncé mardi la faiblesse des institutions étatiques, appelant à créer un service public où "les fonctionnaires seraient soucieux de servir le plus grand nombre plutôt qu'eux-mêmes".
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