La chanteuse islandaise Björk en 2007 © Abacapress.comQuelques mois après le scandale provoqué par la chanteuse islandaise Björk, la Chine a annoncé jeudi qu'elle interdirait tous les artistes venant de l'étranger, de Hong Kong ou de Taïwan ayant participé à des activités qui "menacent la souveraineté nationale". Début mars, lors d'un concert donné à Shanghaï, Björk avait crié "Tibet ! Tibet !" pendant sa chanson "Declare Independence" ("Déclarez l'indépendance"), qu'elle avait interprétée par le passé pour soutenir des mouvements indépendantistes dans d'autres régions du monde, comme l'ex-province serbe du Kosovo.
La Chine a pris militairement le contrôle du Tibet en 1950, et y réprime tout mouvement de contestation de son autorité. Le ministère chinois de la Culture a précisé sur son site internet que les artistes qui "menacent l'unité nationale", "attisent les haines ethniques", "violent les normes culturelles ou les politiques religieuses" ou "défendent l'obscénité, le féodalisme ou la superstition" pendant leurs spectacles seront bannis de Chine. Les artistes s'étant déjà produits en Chine seront soumis à la même réglementation.
Ces restrictions s'ajoutent à l'interdiction des festivals pop à Pékin et au durcissement des autorisations pour les événements en plein air, décidés avant les Jeux olympiques que la capitale chinoise accueille à partir du 8 août. Si le cas de Björk a eu un retentissement planétaire, les interdictions visant les artistes de Hong Kong et Taïwan sont courantes en Chine. En 2000, la très populaire taïwanaise Chang Hui-mei avait été interdite d'entrée en Chine pendant un an pour avoir entonné l'hymne du gouvernement nationaliste de son pays lors d'une manifestation hostile au président chinois d'alors. Pékin considère Taïwan comme un territoire chinois.
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