Deux humanitaires français d'ACF enlevés

le 18 juillet 2008 à 21h17 , mis à jour le 19 juillet 2008 à 07h49

Deux expatriés français d'Action contre la Faim (ACF) ont été enlevés vendredi à 01h00 du matin.

TF1/LCI : Manifestation d'Action contre la Faim à Paris, sur le parvis des Droits de l'Homme (13 octobre 2007)Manifestation d'Action contre la Faim à Paris, sur le parvis des Droits de l'Homme (13 octobre 2007) © TF1/LCI

Deux expatriés français de l'organisation humanitaire Action contre la faim (ACF) ont été enlevés dans la nuit de jeudi à  vendredi en Afghanistan. Selon l'ONG, les deux Français sont toujours en vie. Le ministère des Affaires étrangères a confirmé cet enlèvement, précisant dans un communiqué qu'il se "mobilise, à Paris comme à Kaboul, pour obtenir leur  libération dans les délais les plus brefs". Les expatriés, dont les identités n'ont pas été révélées pour des questions  de sécurité, "ont été enlevés vendredi à 01h00 du matin à Nili (Province de Daï  Kundi (centre de l'Afghanistan).

"L'enlèvement a eu lieu dans la maison où dormaient les équipes d'ACF. Des  personnes armées sont entrées après avoir ligoté les gardes postés à  l'extérieur. Ils ont kidnappé les deux expatriés présents et se sont enfuis à  bord de plusieurs véhicules", a précisé l'ONG française. L'ONG, implantée depuis 1995 en Afghanistan, "a suspendu l'ensemble de ses  opérations" dans le pays et "dénoncé un acte criminel qui, une nouvelle fois,  affecte l'intégrité des acteurs humanitaires et met en péril l'assistance aux  populations civiles". Action contre la Faim a également indiqué mettre "tout en oeuvre afin  d'obtenir leur libération au plus vite et dans les meilleures conditions  possibles".

"Discrétion indispensable"

Une cellule de crise a été immédiatement formée à Paris et à  Kaboul. "Dans une situation déjà extrêmement complexe et sensible", ACF "insiste sur  sa volonté de maintenir une communication réduite afin de préserver la sécurité  des deux volontaires et de ne pas entraver les contacts en cours". Le ministère des Affaires étrangères, qui a estimé que "prendre pour cible  le personnel humanitaire est totalement inacceptable", a également rappelé  "qu'en la matière, la discrétion est indispensable à l'efficacité de son  action".


Fin juin, après la libération d'un homme d'affaires français enlevé fin mai  en Afghanistan, le ministère avait mis en garde contre "les risques très  importants" auxquels sont exposés les Français dans ce pays. Les talibans ont multiplié les condamnations de la décision de Paris d'envoyer des renforts cet été en Afghanistan, où la France a déjà déployé  quelque 1.600 hommes, pour la plupart basés à Kaboul. Deux travailleurs humanitaires français de l'association Terre d'Enfance  avaient été otages des talibans pendant plusieurs semaines au printemps 2007,  avant d'être relâchés dans des conditions restées floues.

 
 
 

le 18 juillet 2008 à 21:17
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