Bush et Sarkozy évoquent les droits de l'Homme en Chine

le 08 août 2008 à 11h46 , mis à jour le 08 août 2008 à 14h46

Dès son arrivée à Pékin, le président américain n'a pas hésité à parler des libertés d'expression, alors même que les autorités chinoises ne souhaitent pas que les jeux soient politisés.

US President Bush and President of China Hu Jintao shake hands in The Great Hall of the People in BeijingU.S. President George W. Bush and China's President Hu Jintao shake hands in The Great Hall of the People before a reception in honor of the 2008 Summer Olympic Games in Beijing August 8, 2008. REUTERS/Larry Downing (CHINA) © REUTERS

A quelques heures de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques, de nombreux chefs d'Etat sont arrivés dans la capitale chinoise. Dès son arrivée, le président américain a plaidé pour les libertés d'expression lors de l'inauguration des la nouvelle ambassade des Etats-Unis en Chine.
 
"Le peuple de Chine a droit aux libertés fondamentales qui sont le droit naturel de tous les êtres humains" a déclaré George Bush, sur le sol chinois. Et malgré l'opposition des autorités chinoises  à toute forme de politisation des Jeux - a fortiori à Pékin même et à quelques heures de l'ouverture - d'ajouter : "Nous croyons fermement que les sociétés qui permettent la libre expression  des idées tendent à être les plus prospères et les plus pacifiques".  "Nous continuerons à être francs quant à nos responsabilités mutuelles globales (...) à être francs quant à notre conviction que tous devraient être libres de dire ce qu'ils pensent et de pratiquer la religion qu'ils veulent", a-t-il précisé au risque de déplaire au gouvernement chinois.
 
Face aux appels à parler plus haut sur les libertés, il a continué à invoquer les vertus du dialogue critique.  "La franchise est le moyen le plus efficace là où les nations ont bâti des relations basées sur le respect et la confiance", a-t-il dit. Cependant, lors de l'inauguration de la nouvelle ambassade des Etats-Unis en Chine, le président américain a fait l'éloge d'une "ancienne civilisation à l'histoire grandiose", en précisant que ce bâtiment reflétait aussi "l'importance de nos relations avec la Chine".
 
Sarkozy en Chine pour soutenir l'équipe de France
 
De même, Nicolas Sarkozy a justifié sa présence devant les athlètes français. "La première raison de ma présence, c'est d'abord de soutenir l'équipe de France", a déclaré  Nicolas Sarkozy devant les athlètes de la délégation française. "Allez-y à fond!", leur a-t-il lancé, dans un bref discours. Avant d'ajouter : "et puis aussi, la raison de ma présence c'est de soutenir les Jeux olympiques, cet idéal sportif universel, qui fait que même lorsqu'il y a des problèmes, il y a des femmes et des hommes de continents différents qui peuvent s'affronter à la loyale, par-delà les continents, les différences, les guerres et les oppositions".
 
Aux défenseurs des droits de l'homme qui critiquent sa présence en Chine, il se justifie : "Le sport reste une valeur universelle au service de la paix" et "Si l'olympisme n'est réservé qu'à certains pays seulement, ce n'est plus l'olympisme", a jugé Nicolas Sarkozy, soulignant que c'était "un enjeu considérable pour 1,3 milliard de Chinois". Et d'ajouter "On ne boycotte pas un quart de l'humanité". Cependant, le porte-parole du ministère des affaires étrangères a déclaré que Nicolas Sarkozy a remis jeudi aux autorités chinoises une liste de prisonniers et défenseurs des droits de l'homme, au nom de l'Union européenne.

Le président français a ensuite affirmé sur France 2 qu'il avait "parlé des droits de l'Homme" avec les dirigeants chinois à Pékin, à qui il a "communiqué des listes" de dissidents. "Comment on trouve une solution si on ne dialogue pas ? Comment on essaie de se comprendre si on ne se parle pas ?", a demandé le chef de l'Etat. "J'ai eu un déjeuner puis un rendez-vous avec le président chinois (Hu Jintao, ndlr) et un rendez-vous avec le Premier ministre de Chine (Wen Jiabao, ndlr). J'ai parlé de ces questions, j'ai parlé des droits de l'Homme, j'ai communiqué des listes", a-t-il déclaré lors d'un entretien enregistré dans la capitale chinoise peu avant le début de la cérémonie. "On va essayer de faire avancer les choses", a ajouté M. Sarkozy, dont la visite à Pékin a été très critiquée, notamment par la gauche et les organisations de défense des droits de l'Homme.
 
Si Nicolas Sarkozy repartira dès vendredi soir à la fin des festivités, George Bush, venu en famille compte rester plusieurs jours pour assister à la compétition. Jusqu'à lundi, il se partagera entre la politique et le sport. Il aura des entretiens avec son homologue Hu Jintao. Il se rendra à un office dans un temple protestant et fera une déclaration sur la liberté de religion dimanche. Mais ce passionné de sport dit depuis des mois qu'il se rend d'abord aux jeux pour soutenir les athlètes.
 
(D'après agence)

le 08 août 2008 à 11:46
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