Les erreurs qui ont conduit au drame du K2

le 05 août 2008 à 08h46 , mis à jour le 05 août 2008 à 08h48

Les survivants de l'accident qui a coûté la vie à 11 alpinistes, dont le Français Hughes d'Aubarède, pointent des lacunes qui se sont révélées mortelles.

alpiniste français K2 Hugues d'AubarèdeL'alpiniste français Hugues d'Aubarède © TF1/LCI

Avec 11 morts parmi les ascensionnistes, c'est l'accident le plus grave en plus d'une décennie sur les pentes du K2, deuxième plus haut sommet du monde après l'Everest, mais bien plus meurtrier. Parmi les victimes figurent le Français Hughes d'Aubarède, 61 ans, un alpiniste amateur expérimenté qui avait déjà gravi l'Everest et le Nangha Parbat dans l'Himalaya. Désormais, après la chute collective des alpinistes et les difficiles opérations de secours, les survivants du drame du K2 parlent. Et certains accusent.

Tel l'alpiniste espagnol Alberto Zerain, parvenu au sommet peu avant l'accident, qui juge que les victimes étaient peut-être montées trop tard vers la cime. Ses déclarations ont été publiées sur le site internet du quotidien El Mundo. Arrivé au sommet vendredi vers 15 heures locales, il a indiqué avoir regardé vers le bas et vu plusieurs alpinistes "loin de moi, à des heures, mais qui ne faisaient pas demi-tour". Croisant le groupe dans la descente il a dit à El Mundo s'être interrogé : "il y avait un Français âgé et je pensais : qu'est-ce qu'il fait là? Et la descente qu'il va avoir... Ça va être compliqué, ce n'est pas une plaisanterie. Bon mais j'ai pensé, ils savent ce qu'ils font".

"Avec des choses aussi stupides, des vies sont mises en danger"

Pour sa part, le chef d'une expédition néerlandaise qui a perdu trois de ses onze alpinistes sur les pentes du K2, raconte son calvaire : Wilco van Rooijen, qui a gravi l'Everest sans oxygène et a déjà tenté l'ascension du K2 à deux reprises, assure qu'il a dormi après la chute du bloc de glace à l'origine de l'accident "sans sac de couchage, ni nourriture, ni eau", en sachant qu'il lui faudrait redescendre avant que le froid et la raréfaction de l'oxygène ne fassent leur travail.

Et lui aussi reconnaît les lacunes dans le déroulement de l'expédition : "La plus grosse erreur que nous avons faite a été d'essayer de passer des accords", raconte-t-il. "Chacun a ses propres responsabilités et certaines personnes n'ont pas fait ce qu'elles avaient promis". Le Néerlandais a ainsi pointé du doigt une autre équipe qui n'avait apporté que la moitié de la longueur de corde qu'elle était supposée avoir : "Avec des choses aussi stupides, des vies sont mises en danger".

D'après agences

le 05 août 2008 à 08:46
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