Jean-Louis Georgelin et Nicolas Sarkozy lors du défilé du 14 juillet 2007 © AP"Il est normal que ce drame suscite autant d'émotion. Mais c'est aussi parce qu'il nous rappelle que le fait d'envoyer des militaires à l'étranger comporte des risques et qu'il faut les assumer." Le chef d'état-major des armées, Jean-Louis Georgelin, estime dans le Figaro qu'il faut assumer les risques de la guerre en réponse aux polémiques sur la mort lundi dernier de dix soldats français en Afghanistan. "Lorsqu'un combat est amorcé, il faut le mener jusqu'au bout", ajoute-t-il, jugeant que le crédit de la France, comme membre permanent du Conseil de sécurité de l'Onu, serait "sérieusement affecté" par un retrait d'Afghanistan.
Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, souligne dans Le Parisien (de dimanche), qu'il existe "une sorte d'internationale du terrorisme islamiste". Il précise que dans l'embuscade qui a coûté la vie aux soldats français, "la majorité des assaillants n'étaient pas afghans." "Notre problème est de savoir si nous sommes avec l'ensemble de la communauté internationale, sous mandat de l'Onu, ou si nous la lâchons", dit-il.
Même atténuées par la compassion et le respect aux victimes, les questions se sont succédées depuis le début de la semaine, tant à propos de la présence française en Afghanistan que sur les circonstances de l'accrochage. Des familles ont mis en cause la jeunesse et le manque de préparation selon elles, des soldats engagés en Afghanistan. Des blessés ont évoqué des erreurs de commandement et l'arrivée tardive des renforts, ainsi que l'absence de reconnaissance aérienne du secteur où s'est déroulée l'embuscade. Le Premier ministre, François Fillon, a proposé vendredi que le débat sur la présence militaire française en Afghanistan, prévu fin septembre au Parlement, soit suivi d'un vote (lire notre article).
"La hantise du soldat"
Jean-Louis Georgelin souligne que c'est la première fois depuis six ans que des insurgés "mènent une manoeuvre cordonnée de cette ampleur." "L'embuscade, c'est la hantise du soldat, la chose la plus difficile à parer", insiste-t-il. "Nous sommes aujourd'hui confrontés à des adversaires plus durs, plus déterminés, qui se sont adaptés à nos méthodes de combat et dont les tactiques effacent, dans une certaine mesure, notre supériorité technologique", avance-t-il.
Pour le chef d'état-major, l'autre raison pour laquelle les opérations extérieures sont plus difficiles est la prolifération des armements. "Les groupes que nous combattons ont un accès de plus en plus aisé à des quantités importantes d'armements et de munitions", explique-t-il. Refusant d'entrer dans le débat sur le nombre de militaires engagés, Jean-Louis Georgelin reconnaît que les forces françaises doivent "sans doute améliorer" leur mobilité tactique et "renforcer" leurs moyens d'observation et de renseignement. "La guerre insurrectionnelle est d'abord une guerre de renseignement", dit-il.
| Dix civils tués dans un attentat au nord de Kandahar |
Dix civils afghans ont été tués samedi dans l'explosion d'une bombe au passage de leur minibus, dans le sud de l'Afghanistan, tandis qu'une vingtaine de talibans ont été tués dans des combats. "Une bombe dissimulée sur le bas-côté de l'autoroute reliant Kandahar à Kaboul a explosé en début d'après-midi au passage d'un minibus, tuant dix civils, dont deux enfants, et blessant quatre personnes", a déclaré le chef de la police de la province de Kandahar. L'attentat, à 20 km de Kandahar, la grande ville du sud de l'Afghanistan, n'a pas été revendiqué, mais cette cité est le berceau et un bastion des talibans. Par ailleurs, un juge et son fils de 14 ans ont été abattus devant leur domicile par deux hommes armés qui ont pris la fuite à moto, juste au sud de Kandahar, a ajouté le chef de police, qui a accusé les talibans. |
(D'après agence)
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