Soldats en Afghanistan © TF1-LCILa décision tombe trois jours après la mort de plus de 90 civils dans un bombardement de la coalition sous commandement américain. Un bombardement qui était "une frappe légitime contre les talibans", a fait valoir lundi un porte-parole du Pentagone. Mais le gouvernement afghan, qui "condamne dans les termes les plus forts" ce bombardement, a décidé de renégocier les termes de la présence des forces internationales en Afghanistan, dans une résolution adoptée lundi. Le conseil des ministres "demande aux ministres de la Défense et des Affaires étrangères d'ouvrir des négociations avec les forces internationales" en ce sens. Kaboul demande aussi de négocier pour "établir les limites et les responsabilités des forces internationales" et pour "mettre un terme aux frappes aériennes visant des cibles civiles, aux perquisitions et aux détentions illégales de citoyens afghans".
Les principaux responsables afghans, le président Hamid Karzaï en tête, lancent depuis des mois mais en vain des appels à la prudence aux forces internationales, prévenant que de telles bavures risquent de retourner la population contre les soldats étrangers et le gouvernement. Pour leur part, les forces internationales assurent tout mettre en oeuvre pour diminuer la possibilité de dommages collatéraux, mais la poursuite des bombardements meurtriers ces derniers mois a visiblement exaspéré le gouvernement afghan. D'après la Commission afghane indépendante des droits de l'Homme, plus de 900 civils ont été tués depuis début 2008 dans des violences, du fait des insurgés ou des forces de sécurité afghanes et internationales. Le Conseil de sécurité des Nations unies vote tous les ans la prolongation du mandat de l'Isaf, qui expire en octobre prochain.
La présidence française de l'Union européenne a dit lundi avoir "appris avec consternation la mort de très nombreux civils" lors de ce bombardement de la coalition sous commandement américain vendredi. "Il n'y a pas de solution uniquement militaire" en Afghanistan, a réaffirmé pour sa part lundi le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner.
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