Nicolas Sarkozy rencontrant les soldats français en Afghanistan (20 août 2008) © TF1/LCIAu lendemain de combats contre les talibans qui se sont traduits par dix morts dans les rangs des soldats français, l'attaque la plus meurtrière pour l'armée française depuis l'attentat de Beyrouth en 1983, Nicolas Sarkozy s'est rendu mercredi matin à Kaboul. Une visite de quelques heures à peine, puisque le chef de l'Etat, arrivé à 8 heures locales (soit 5h30, heure française) est déjà sur la route du retour pour Paris. Le chef de l'Etat, accompagné du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner et du ministre de la Défense Hervé Morin, s'est rendu en hélicoptère, dès son arrivée sur le sol afghan, au camp Warehouse, quartier général du commandement régional de Kaboul de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) de l'Otan.
Alors qu'un hommage national aux dix soldats tués doit être rendu jeudi en fin de matinée aux Invalides, Nicolas Sarkozy a tenu à encourager les militaires français en Afghanistan et à justifier une nouvelle fois leur présence. "Le travail que vous faites ici est indispensable. Je le dis (...) à vos camarades de toute l'Europe, car ce sont des soldats de toute l'Europe qu'il y a ici", a déclaré le président de la République devant les militaires français. "Ici se joue une part de la liberté du monde ; ici se mène le combat contre le terrorisme. Nous ne sommes pas ici contre les Afghans. Nous sommes avec les Afghans pour ne pas les laisser seuls face à la barbarie. La meilleure façon d'être fidèles a vos camarades, c'est de continuer le travail, de redresser la tête, d'être professionnel", a estimé le président français. "Je n'ai pas de doute là-dessus, il faut être là", a-t-il insisté, en soulignant qu'il ne regrettait pas la décision prise au printemps d'envoyer des renforts en Afghanistan, une initiative vivement critiquée par l'opposition. "Je vous dis en conscience que si c'était à refaire, je le referais". Concernant la présence des troupes, François Hollande a réclamé des débats d'urgence au Parlement et Guy Teissier (UMP) a déclaré que le ministre de la Défense Hervé Morin serait entendu lundi ou mardi par la commission de la Défense de l'Assemblée nationale qu'il préside. Il a annoncé la création prochaine d'une "mission d'évaluation" sur la situation en Afghanistan.
Les parachutistes racontent l'embuscade
Après avoir passé en revue un détachement du Régiment de marche du Tchad, qui constitue l'ossature du bataillon français de Kaboul, le président français et les deux ministres se sont recueillis devant les cercueils des dix soldats, dans la chapelle ardente dressée dans le camp. Nicolas Sarkozy s'est entretenu avec des militaires du 8ème Régiment parachutiste d'infanterie de marine, qui lui ont raconté l'embuscade et les combats contre les talibans lundi, dans la vallée d'Uzbeen du district de Saroubi, à 50 km à l'est de Kaboul. Il s'est ensuite rendu à l'hôpital du camp afin de rencontrer les 21 soldats blessés dans les combats de lundi, dont certains seront rapatriés dans la matinée à Paris. Nicolas Sarkozy a eu en outre un entretien à huis clos avec le général Michel Stollsteiner, commandant français de la région de Kaboul, et a rencontré le président afghan Hamid Karzaï, au Palais présidentiel. Ce dernier a présenté à la France les "condoléances" du peuple afghan, dont il a exprimé la "douleur".
Un peu moins de 3000 militaires français sont actuellement engagés en Afghanistan, au sein de l'Isaf, principalement à Kaboul et dans la province de Kapisa, au nord-est de la capitale. Avant le drame de lundi, 13 militaires français étaient morts en Afghanistan depuis 2001, dans des accidents, opérations ou attentats. Le dernier avait péri le 21 septembre 2007, dans un attentat suicide à la voiture piégée à Kaboul. Les violences ont redoublé d'intensité depuis près de deux ans malgré la présence de 70.000 soldats de deux forces multinationales, celle de l'Otan et l'autre sous commandement américain. Depuis le début de l'année, 176 soldats étrangers, en majorité américains, sont morts en Afghanistan.
D'après agence
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