© TF1/LCI| Les explications d'Hervé Morin |
Dans quelles circonstances se sont déroulés les combats avec les talibans qui ont coûté la vie à dix soldats français ? Ont-ils eu l'appui voulu ? Réagissant à la polémique en France, l'Otan a qualifié jeudi de "totalement infondées" des informations de presse selon lesquelles les militaires avaient été victimes de "tirs amis" lors de l'embuscade.
Le quotidien Le Monde, citant des témoignages de soldats blessés lors des combats, avait en effet affirmé mercredi que certains des soldats français avaient été "touchés" par des frappes aériennes de l'Otan, censées leur permettre de sortir de ce guet-apens, mais qui avaient raté leur cible. Une information qu'avait déjà tenu à démentir jeudi matin le ministre de la Défense, Hervé Morin : "Nous n'avons pas pu engager les avions F15 qui ne pouvaient pas tirer de bombes parce que les forces étaient très imbriquées - talibans, insurgés et forces françaises - et qu'il y aurait eu, bien entendu, des dégâts collatéraux considérables", avait-il affirmé. "Il y a eu des tirs de canons mitrailleurs d'avions américains qui ont été guidés par des forces spéciales américaines et nous n'avons aucune information nous permettant de considérer que des soldats français sont morts sous le feu d'avions de l'Otan".
"Une violence extrême, soudaine"
Selon le ministre, "l'opération a été menée avec une violence extrême, soudaine, c'était un guet-apens qui avait été extrêmement bien organisé" dans lequel étaient engagés "entre 80 et 100 insurgés". D'où des pertes lourdes dès le début : "Cette violence a amené à ce que nous perdions un certain nombre de nos hommes dans les premières minutes des combats". Hervé Morin avait par ailleurs souligné que l'opération des talibans avait été menée avec "cette précision qui fait que les premiers hommes touchés ont été l'adjoint du chef de section, le radio et le tireur d'élite".
Mais les militaires interrogés à Kaboul par Le Monde avaient aussi remis en cause cette version officielle de l'armée selon laquelle neuf des dix soldats tués l'avaient été dès les premiers tirs ennemis, affirmant, d'après le quotidien, qu'ils avaient trouvé la mort au fil des affrontements. Et ils avaient pointé la lenteur de la réaction du commandement, expliquant être restés sous le feu ennemi "pendant près de quatre heures sans renfort". Ils avaient évoqué des problèmes de communication radio et un manque de munitions au long des combats.
Sur ce point encore, le ministre de la Défense avait tenu à préciser jeudi matin le scénario des combats : "Quinze à vingt minutes après l'engagement des forces, une section de soutien est partie du camp de base et a mis environ entre 40 et 50 minutes pour arriver sur le théâtre. Puis une seconde section est partie, puis des moyens héliportés ont été engagés. Mais tout cela nécessitait qu'on puisse sécuriser la zone" où devaient se poser les hélicoptères.
D'après agence
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