Le récit de l'attaque des talibans

le 22 août 2008 à 07h48 , mis à jour le 22 août 2008 à 07h52

Les insurgés ont attaqué les soldats français sur deux fronts, révèlent de nouveaux témoignages qui démentent la version de morts causés par des "tirs amis".

Photo prise en 2008 lors des obsèques aux Invalides de dix soldats français tués en Afghanistan © TF1/LCI

Depuis l'annonce de la mort de dix soldats français en Afghanistan, les questions se sont multipliées sur les conditions de l'engagement contre les talibans. Des questions posées avec une gravité accrue avec l'appel à Nicolas Sarkozy du père d'un des militaires tués, Joël Le Pahun, pour qui "le gouvernement doit arrêter d'envoyer des enfants se faire tuer", et avec les témoignages cités dans la presse de plusieurs des parachutistes présents lors des combats, qui ont mis en cause à la fois le manque de soutien militaire et les possibles effets collatéraux de tirs de l'Otan.

A la suite du Monde, plusieurs journaux ont recueilli des témoignages de militaires et s'efforcent désormais de reconstituer, minute par minute, le récit des combats. Les talibans ont attaqué simultanément les éléments de tête et la colonne de véhicules restés plus bas, indiquent ainsi des témoignages publiés vendredi dans La Nouvelle République.

"Les talibans ont encerclé la section arrière"

"On est arrivé sur place vers 13 heures", a expliqué le sergent Romain, 23 ans, "à proximité d'un village où nous avons laissé nos quatre véhicules et huit paras tandis que les vingt-trois autres poursuivaient à pied vers le col". "On était presque au col, vers 14 heures, quand ça a commencé à tirer de partout ; on s'est dispersé, mais les abris étaient rares", a précisé le caporal-chef Heimata, 25 ans.

Cette version des faits est confirmée par Le Figaro, qui a aussi reconstitué dans son édition de vendredi la chronologie de l'attaque. Il y est précisé que les talibans ont "encerclé et immédiatement frappé la section arrière pour empêcher qu'elle puisse porter secours à l'avant". Selon le quotidien et les propos du 1ère classe Philippe à La Nouvelle République, "les talibans ont aussi délibérément visé" le chef de groupe et le radio, ce qui explique pourquoi les communications ont été coupées.

"L'appui aérien est venu des Américains"

Concernant l'intervention de l'appui aérien, "il est venu des Américains", selon le 1ère classe Mayeul et, à sa connaissance, "aucun de chez nous n'a été touché". Jeudi déjà, la porte-parole de l'Otan à Bruxelles, Carmen Romero, avait indiqué : "Nous n'avons aucune information qui pourrait indiquer que les soldats français ont été tués par des avions de l'Otan". Et justifiant l'attitude des forces de l'Alliance, elle avait expliqué : "Nous savons que les avions chargés d'apporter un soutien aérien rapproché ne pouvaient pas être engagés parce que les soldats français étaient très proches des insurgés talibans. Il aurait pu y avoir des dommages collatéraux très importants si des bombes avaient été utilisées".

Le journal Libération, pour sa part, assure que les deux hélicoptères de l'armée française basés à Kaboul, en l'occurrence deux EC-725 Caracal de l'armée de l'air, n'avaient "reçu aucune demande de la part du commandement français pour éclairer l'itinéraire". Et le quotidien de souligner : "Arrivés sur place en avril, ils avaient pourtant déjà rempli des missions de ce type pour les Italiens déployés précédemment dans ce secteur".

D'après agence

le 22 août 2008 à 07:48
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