L'arrivée de l'avion transportant les corps des soldats français tués en Afghanistan (20 août 2008) © TF1/LCISuivez dès 11h45 sur LCI.fr l'hommage national aux Invalides
Le temps du deuil n'exclut désormais plus les questions, quoi qu'en dise François Fillon, et face au début de polémique entourant la mort de dix soldats français, les éditorialistes de la presse française demandent désormais des explications. "Impréparation des unités, défauts de la coordination au sein de l'Otan, volonté des insurgés talibans de cibler les nouveaux venus français : quelle que soit l'explication retenue, elle oblige à s'interroger sur les choix faits par le chef de l'Etat, chef des armées", estime Le Monde. "Le président doit expliquer aux Français pourquoi leurs soldats meurent à six mille kilomètres de leur territoire. Au-delà de l'objectif global - la lutte contre le terrorisme -, il doit dire quels seraient les termes d'une éventuelle victoire en Afghanistan", ajoute le journal du soir.
Libération, sous la plume de Laurent Joffrin, estime qu'il faut "élargir autant que possible le soutien international à cette présence lointaine (...) A ces conditions seulement, les dangers courus par les soldats français sont légitimes", ajoute-t-il. Dans Le Figaro, Etienne de Montety s'interroge: "Pourquoi profiter de la mort de ces dix jeunes Français pour susciter une polémique sur la décision du président de la République d'augmenter le contingent des soldats français au sein de la coalition internationale ? Si une embuscade n'avait pas été dressée, elle n'aurait pas eu lieu".
"Pas question de capituler"
Un point de vue que ne partage pas Jacques Camus de La République du Centre : "Le temps du deuil et de la compassion n'interdit pas de chercher à comprendre ce qui s'est vraiment passé. Bien au contraire. Ce serait insulter la mémoire et le sacrifice de nos militaires que d'écarter les questions dérangeantes au nom du respect des morts".
"La sagesse voudrait que, hors de tout emballement, on explique, c'est le devoir du président de la République, les raisons de l'engagement d'une force multinationale dans cette partie du monde à forts enjeux géostratégiques", écrit aussi Daniel Ruiz dans La Montagne. De même, dans L'Est républicain, Michel Vagner souligne que Nicolas Sarkozy "ne pourra pas échapper aux interrogations qui se posent sur la stratégie de la France, et les contours de la mission de ses soldats, dont il a estimé nécessaire de renforcer les effectifs".
En tous les cas, tous les éditorialistes s'accordent à dire qu'il "ne faut surtout pas lâcher" l'Afghanistan (Jacques Guyon dans La Charente libre). Même son de cloche dans L'Est-Eclair (Patrick Planchenault) : "Il n'est pas question de capituler. Cela reviendrait à trahir les morts de cette guerre de sept ans et à laisser à nouveau se répandre la terreur islamiste". Dans Le Républicain lorrain, Philippe Waucampt esquisse une autre voie : "Faute de solution militaire, la seule issue ne peut être que politique".
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...




