Attentats en Inde © LCI-TF1Au moins 18 personnes ont été tuées samedi dans cinq attentats à la bombe quasi-simultanés dans plusieurs quartiers commerçants de la capitale indienne New Delhi, des actions revendiquées par un groupe islamiste indien déjà responsable d'attentats en juillet. Toutes les explosions criminelles sont survenues en l'espace de 45 minutes, à partir de 18h30, heure locale. Le groupe des Moudjahidine indiens a revendiqué dans un courrier électronique ces attentats, selon l'agence officielle Press Trust of India. Cette cellule islamiste indienne avait également revendiqué la série d'attentats à la bombe en juillet à Ahmedabad, dans l'ouest de l'Inde, qui avaient fait 45 morts.
Deux de ces explosions ont secoué le coeur de New Delhi, Connaught Place, une majestueuse place circulaire composée de deux anneaux couverts d'arcades aux centaines de commerces. Là, deux autres engins explosifs ont été mis au jour et désamorcés à temps, selon la police. Un autre quartier commerçant, également prisé des touristes et des résidents étrangers, Greater Kailash a été frappé par deux déflagrations et la police cherchait des survivants dans un amas de motocyclettes et de vitres brisées de magasins et de véhicules. D'après un expert en explosifs, les bombes étaient bourrées de billes en acier "pour faire le plus de mal possible".
Un pays qui vit dans la crainte des attentats
"Nous relèverons à tout prix le défi que posent le terrorisme et le communautarisme", s'est engagé le Premier ministre Manmohan Singh, dont le pays d'1,1 milliard d'habitants compte 80% d'hindous et 14% de musulmans. La présidente de la République, Pratibha Patil, a dénoncé "un acte de violences insensé" et appelé ses concitoyens au calme. C'est un "acte lâche", a fustigé la présidente du parti du Congrès au pouvoir, Sonia Gandhi, tandis que le chef du parti d'opposition nationaliste hindou (BJP), V.K. Malhotra, a jugé que l'Inde était "comme en guerre".
Depuis trois ans, l'Inde est frappée environ tous les trois mois par un attentat. Les plus meurtriers sont ceux des trains et des gares de Bombay en juillet 2006, avec 186 morts. A New Delhi, trois attentats attribués à des groupes islamistes soutenus par le Pakistan avaient fait 66 morts en octobre 2005. En décembre 2001, un attentat contre le Parlement fédéral indien, également mis sur le compte d'islamistes liés au Pakistan, avait tué 14 personnes.
Islamabad nie systématiquement toute implication. Et depuis les attentats de juillet dans l'ouest de l'Inde, des responsables indiens et étrangers reconnaissent que l'Inde est maintenant la cible de groupes islamistes locaux et non plus seulement d'organisations venues du Pakistan ou du Bangladesh voisins. Samedi, comme lors de chaque attentat, les grandes villes indiennes ont été placées en état d'alerte.
D'après agence
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